A bientôt Singapour ?


 

Je suis à l’aéroport de Singapour. J’ai encore quelques heures devant moi avant d’embarquer. Je retrouve les mêmes repères que lors de mon escale pour Melbourne il y a un an tout pile. Je revois les mêmes panneaux, les mêmes boutiques, les mêmes restaurants. Au retour, l’avion avait été retardé et on avait passé six ou sept heures à l’aéroport. D’ailleurs, je vous écris du même café, de la même table de là où l’on avait partagé un dernier verre avec Anne, Nath et Florian avant d’embarquer. Oh, les belles coïncidence !

Alors, forcement, tout se bouscule dans ma tête. Je pense à l’Australie, c’était il y a un an. Je pense à tout ce que j’ai pu découvrir depuis. A mes escapades en Egypte, au Mexique, au Canada, en Thaïlande. Je pense à cet été hors du temps en Espagne, à mes affiches vendues et cette première vue de mon agenda, puis de mon magazine dans une librairie. Je pense à ces douze derniers mois dingues surprenants enthousiasmants. Je pense à cette semaine à Singapour. Je pense à Winnie, ma guide adorable, qui m’a aidé à organiser mon séjour et m’a accompagné sur place. Je pense à ma chance de voyager et à ma bonne étoile.

Je pense à ces premières heures dans Singapour dimanche dernier où je découvrais Chinatown et cette pensée que je serai heureuse durant cette semaine-là. Je pense à mon sommeil qui joue à cache-cache depuis des jours et à la fatigue oubliée par l’envie de tout voir tout connaître tout découvrir. Je pense à mon enthousiasme, et encore, je m’enthousiasme. Je pense à Holly qui doit m’attendre à l’appartement et à sa petite bouille quand je pousserais la porte de l’appartement après vingt heures de trajet.

Je pense à mon travail et au retard pris. C’est la toute première fois que je prends un peu de retard en voyage, et je crois, que mon cerveau avait besoin de faire cette pause-là. Alors, je souris et je pense à la jungle thaïlandaise et à ses gratte-ciels. Je pense à ses hôtels incroyables et à tous les plats que j’ai pu dévorer-gouter-aimer ici. Je pense à ma balade en vélo à travers l’ile de Pulau Ubin, aux serres géantes Gardens by the Bay et aux maisons colorées de Katong. Je pense un peu tout ça et j’ai le coeur qui bat un peu plus fort.

 
 


 

En voyage, j’ai toujours mille idées d’articles et de choses à créer et écrire. Je suis heureuse et je crois que cela ressent tant de ma vie quotidienne que dans mes projets professionnels et mon envie de créer-écrire-photographier. Tout me semble lié et en équilibre.

Cette semaine, j’ai pensé plusieurs fois qu’il faudrait que je vous écrive sur cette façon, ou plutôt sur ma façon, de percevoir mon quotidien, mon métier et de faire en sorte qu’il me corresponde au fil des jours. Sur cette nécessite aussi d’écouter, et de faire briller son étoile comme l’écrirait Diane. Sur la façon dont j’essaie d’avancer, un pas après l’autre, et de trouver et conserver en moi un certain équilibre. De jongler entre mes rêves, ma vie personnelle et professionnelle.

Je sais combien cet équilibre est délicat à trouver et, plus que tout, comme il est précieux à conserver. Je sais qu’il suffit parfois d’un mot ou d’une journée un peu gris-brouillon pour que les doutes prennent à nouveau le dessus. Je sais aussi que s’écouter, dans un contexte où la peur domine souvent – peur de se tromper, de le regretter ou encore de manquer – est souvent complexe.

Je sais enfin que j’aurais pu, sûrement, un peu mieux « réussir » en acceptant parfois des projets qui ne me correspondaient pas totalement et en faisant taire ma petite voix à l’intérieur. Mais, je sais, et je crois que c’est l’essentiel, que cela ne me rendrait pas heureuse sur le long terme et que cette vie-là ne me ressemblerait pas. Au quotidien, j’ai besoin de sens, de créer et de liberté.

Depuis toute petite, j’essaie de m’écouter. Je doute de beaucoup de choses et j’ai souvent très peur. J’arrive, malgré tout, à toujours prendre en compte mes émotions et mon ressenti lorsque je dois prendre une décision importante. Je me laisse alors guider et j’ai souvent cette drôle d’impression de sauter dans le vide. Alors, je ralentis, je respire, j’y vais sur la pointe de pieds et je me répète que tout ira bien.

Jusqu’à aujourd’hui, vous savez, je n’ai jamais regretté une seule décision, même quand cela se passait pas tout à fait comme prévu, même quand c’était un peu compliqué ; j’en suis toujours ressortie avec des émotions positives et des apprentissages.
 
 


 

Singapour a été un voyage beau et surprenant. J’ai beaucoup appris sur la culture singapourienne et sur la place de Singapour dans le monde. J’ai été fascinée part ce jeu d’équilibriste entre la culture occidentale et orientale – et qui a fait écho à mon équilibre à moi.

J’ai aussi eu, au fond de moi, cette confirmation que j’aimais voyager seule, vraiment, mais que parfois aussi, j’aimerais bien partager certains lieux ou certaines émotions avec les personnes que j’aime. C’est bête, mais je sais aujourd’hui que c’est une véritable envie, et non une peur. Il y a quelques années, vous m’auriez parlé de voyager seule (ou tout simplement d’aller au cinéma seule !), je m’en serais sentie incapable. Non, par manque d’envie, mais par peur, par peur de me sentir seule et du regard des autres.

Doucement, j’ai appris à vivre mon quotidien selon mes valeurs et en écoutant cette petite voix dont je vous parlais un peu plus haut. J’ai appris à faire ce dont j’avais envie et de la façon dont j’avais envie. Même si cela peut paraitre parfois un peu étrange, décousu ou fou perçu de l’extérieur ; j’ai appris à écouter mon bonheur et à me détacher du regard que l’on pourrait porter sur ma façon de gérer mon quotidien. C’est, à mes yeux, la seule façon d’être heureuse. Aujourd’hui, je sais, et j’ai accepté que je suis d’une nature plutôt solitaire et que voyager seule a aussi quelques avantages. C’est un moment, pour moi, à moi, dédié à la création. Et, dans la vie, ce qui me rend heureuse plus que tout, est de créer et d’apporter ensuite un peu de bonheur, de confiance, de légèreté ou de poésie en les partageant. En voyage, j’écris, je ralentis, je m’étonne, je photographie. J’imagine, je dessine et je souris. Je prends des cafés au soleil. Et, plus que tout, j’aime consacrer ce temps-là pour me retrouver.

Quand j’étais plus jeune, j’avais l’impression d’avoir appris à me connaître et que tout serait un peu plus linéaire maintenant. J’avais peur de m’endormir dans quotidien et d’oublier la saveur des premières fois. Au fil des années, je me rends compte comme le chemin et l’apprentissage de soi, et du monde, est à la fois long, surprenant et intense.

Et comme c’est beau de se libérer doucement de ses peurs pour vivre pleinement sa vie.

 

 

 

 

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Oh, le dernier jour à Singapour !


 

Aujourd’hui, c’est le printemps et il fait un grand soleil.

Ce matin, j’ai pris le temps. C’était mon dernier jour entier à Singapour, alors, j’ai décidé de ne pas mettre mon réveil. Et pour la première fois de la semaine, je me suis réveillée à sept heures toute reposée. Alors, j’en ai profité pour prendre un bain et trier les photographies sur l’ordinateur. En fin de matinée, je suis allée dans le quartier chinois. Je voulais retrouver, une dernière fois, l’atmosphère particulière de dimanche dernier et en profiter pour acheter quelques souvenirs de l’île.

Je ne suis pas très souvenirs et j’achète très peu de choses en vacances. A la quantité, je préfère les petites riens symboliques trouvés au fil des rencontres et qui ont une histoire. J’adopte, en revanche, toujours des peluches pour Holly. Une peluche comme un pensée, un petit rien qui dit que je pense à elle du bout du monde. C’est un petit rituel entre elle et moi. Et quand je pousse la porte de mon appartement, quand je rentre, elle m’attend toujours derrière la porte en remuant sa petite queue. Et puis, alors, je sors de mon sac un éléphant, une girafe, un koala, parfois un nounours. Et quand je lui tends, alors, c’est la petite fête. Elle l’attrape et court dans tout l’appartement avec sa petite peluche.

Je ne ramène que très rarement des souvenirs pour moi, mais j’ai dans mon appartements des doudous du bout du monde. Et chaque fois que je les regarde, je souris et voyage à nouveau. Cette fois, j’avais envie de faire une petite exception – même si je n’ai pas oublié Holly. J’ai aussi pensé à vous qui m’accompagnez d’une certaine façon depuis le début de ce voyage, et qui voyagez en quelques sortes à travers mes images et mes mots, et j’ai glissé deux/trois petites choses pour vous dans mon sac. J’ai imaginé une sorte de box que je pourrais vous faire gagner lorsque je rentrerai à Toulouse. J’ai hâte de vous montrer les petites choses glissées et j’espère que cela vous plaira.

 


 

Vers midi, je suis allée déjeuner dans un food truck étoilé, Hong Kong Soya Sauce Chicken Rice & Noodles, toujours dans le quartier chinois. J’étais toute enthousiaste quand j’avais vu qu’il y avait cet étoilé à quelques pas de l’hôtel. J’avais lu, il y a quelques mois, un article du Monde qui en parlait et je m’étais dit que j’aimerais beaucoup y aller un jour. On y trouve du canard, du poulet et du porc accompagnés de pâtes ou de riz. Malgré l’attente, on oublie un peu toutes les personnes autour dès la première bouchée. C’est fondant, croustillant, sucré, salé. C’est délicieux. Ce n’est pas très joli mais, c’est promis, drôlement bon.

Avant de rentrer à l’hôtel, j’en ai profité pour visiter le temple bouddhiste à quelques pas. J’ai déposé mes chaussures à l’entrée de cette maison immense et colorée, glissé un pashmina autour de la taille et pénétré à l’intérieur les yeux grands ouverts. Visiter un temple me glisse toujours quelques étoiles dans les yeux et je suis fascinée par les couleurs et l’atmosphère apaisante et silencieuse qui y règne. Sur le toit, j’ai découvert un minuscule jardin, des orchidées et quelques moulins à prières. Alors, à chaque pas, j’ai essayé de tout retenir. Chaque couleur, chaque statut, chaque dorure, chaque fleur, chaque relique. J’en suis ressortie apaisée et avec l’envie d’essayer, un peu plus sérieusement, la méditation.

Un peu plus tard l’après-midi, je suis retournée dans le quartier d’affaires, j’ai poussé la porte Long Bar du Raffles Hotel et j’ai commandé un Singapore Sling. Vous savez, cet hôtel mythique, créé en hommage au fondateur, Stanford Raffles, de l’île. L’architecture du bâtiment est impressionnante et semble provenir d’un autre monde. On imagine un décor de film d’Anderson. A l’intérieur, on y trouve des objets en cuivre, des éventails géants au plafond et des sièges en rotin d’un autre temps. Au sol, des épluchures de cacahuètes fraichement grignotées par les clients. Ici, c’est une tradition. Le contraste avec l’élégance du lieu est saisissant.

A la table d’à coté, il y a avait une personne qui jouait quelques notes de violon. Je me suis dit que le hasard faisait bien les choses, et que cela faisait un générique de fin parfait de ce séjour à Singapour. Alors, et forcement, j’ai souri.

 

  

 

Ce soir, j’ai encore des dizaines d’images qui défilent. Demain, je prendrai un vol pour Munich, puis Toulouse. A l’aéroport, j’essaierai d’écrire un dernier article pour étirer encore un peu ce voyage entre l’orient et l’occident. Et puis, je pourrais publier peut-être quelques articles un peu plus pratiques pour partager des adresses singapouriennes et vous aider à préparer un voyage à Singapour, cela vous dirait ?

 

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Singapour, Pulau Ubin et ses serres


 

Ce matin, j’ai rejoint l’ile de Pulau Ubin au nord-est de Singapour. C’est une île préservée où les singapouriens ont l’habitude de se rendre le week-end pour faire du vélo et profiter de la nature. Un petit bateau à l’est de l’île vous y dépose en quelques minutes. Sur place, vous trouverez une poignée de restaurants et de vélos à louer à l’entrée de l’île. On y croise, à l’intérieur, quelques habitations et une végétation préservée. Certaines sont encore habitées et semblent appartenir à un autre temps.

J’ai loué un vélo et je suis partie le nez au vent faire le tour de l’île. Sur la route, j’ai croisé des familles, des groupes venant faire du sport, et même des singes. Et si j’avais vu plusieurs panneaux en indiquant leur présence, lorsque je les ai croisés, j’avais l’impression d’avoir cinq ans. J’en ai même oublié de les photographier.

A Pulau Ubin, on a l’impression d’être dans un village ancien et cela sent bon le temps retrouvé.

 

 


 

Un peu plus tard, j’ai rejoint les serres de Singapour. J’avais beaucoup entendu parler de Gardens by the Bay et j’avais hâte de les voir de propres yeux ces arbres-fleurs électroniques géants et les deux serres. Et, c’est encore plus joli et impressionnant que tout ce que j’aurais pu imaginer. A l’intérieur, on y croise des plantes du monde entier. Je crois que c’est ça que je retiendrai de Singapour : tout ce que vous pouvez imaginer avant de partir est bien là, en encore mieux, en encore plus grand, en encore plus majestueux.

Les cactus, les plantes grasses et les succulentes se mélangent aux cerisiers en fleurs. Par sa fraicheur et par la musique douce à l’intérieur des serres, il y règne une atmosphère apaisante. Je suis restée quelques heures à regarder, observer et m’enthousiasmer de chaque plante. J’ai aussi imaginé la difficulté de les regrouper et de les faire cohabiter dans un lieu unique. L’intérieur des serres changent plusieurs fois dans l’année. J’ai eu la chance de profiter des cerisiers en fleurs.

A la sortie et pendant que le soleil se couchait, je suis allée boire un verre à l’InDochine, un bar dans le jardin qui surplombe la ville et offre une vue panoramique sur le centre de Singapour. C’est impressionnant. J’ai d’ailleurs commandé des frittes à la truffe, qui n’ont sûrement rien de vraiment de singapouriennes, mais qui étaient drôlement, drôlement, bonnes.

 

 


 

J’ai attendu qu’il fasse nuit pour rejoindre le jardin et profiter du spectacle de son et lumière offert, chaque soir, à la nuit tombée. C’était beau et émouvant. Les arbres géants électroniques s’allument et se mettent à danser.

Et puis, la veille, il y avait eu ce repas d’exception chez Janice Wong au National Musuem qui a été la hauteur de tout ce que je pouvais imaginer – et, pour le coup, j’imaginais beaucoup. C’était beau, poétique et créatif. Inspiré et inspirant. Janice confectionne des plats à l’image d’une œuvre d’art. En dessert, j’ai commandé un cheesecake au gorgonzola et parmesan qui sortait tout droit d’un conte de fée.

 

 


 

Malgré la fatigue de la journée, je suis rentrée à l’hôtel à pieds pour étirer la soirée. Et sur le chemin, tout me semblait un peu doux, rassurant et irréel. Cela va faire une semaine que je suis arrivée à Singapour et je me rends compte comme j’apprends doucement à découvrir et aimer la ville. Comme ses contrastes et ses différentes atmosphères me semblent riches et passionnants. Je commence à prendre mes repères et à pouvoir rentrer à l’hôtel sans plan. Cela peut vous sembler pas grand chose, mais à mes yeux, cela représente beaucoup – c’est comme la toute première fois où dans un nouvel appartement, la nuit, vous ne cherchez plus l’interrupteur, vous voyez ? .

De Singapour, j’en conserverai l’image d’une ville qui joue l’équilibriste entre l’Orient et l’Occident. A mon arrivée, j’ai déjeuné à Lau Pa Sat qui a, part son architecture, a une ressemblance avec le Covent Garden à Londres. A Pulau Ubin, j’ai retrouvé des airs d’ile de Ré aux beaux jours et l’exubérance d’Abou Dabi dans ses hôtels qui semblent vouloir toucher le ciel. Je me suis téléportée en Inde dans le quartier indien en déjeunant un Tikka Masala, et j’ai retrouvé des airs de Marrakech en sirotant un thé à la menthe dans le quartier arabe. J’ai revécu mes soirées luxembourgeoises en me promenant, à la nuit tombée, à Clarke Quay. Et en m’enfonçant dans le quartier d’affaire, j’ai doucement atterri à La City à Londres. Je me suis rappelée mes balades montréalaises en croisant, le sourire aux lèvres, des écureuils curieux. J’ai eu envie de m’envoler en Chine à Chinatown et j’ai atterri en Thaïlande en pénétrant dans les temples. J’ai souri de ces clins d’œil.

Dans les petites choses avant de revenir à France, j’ai noté : siroter un Singapour Sling au Raffle Hotel, manger dans un food truck étoilé, faire du shopping à Chinatown, visiter le Red Dot Design Museum et le National Museum, revenir à Singapour. Plus que deux dodos avant de rentrer en France, et je voudrais me souvenir de tous ces moments-là.

 

 

 

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