Oh, les beaux jours

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Le matin, le soleil éclabousse le parquet. C’est comme ça, à cette lumière-là, à cette chaleur qui enveloppe, que je me dis chaque année que ça y est, les beaux jours sont là.
Alors, je souris et je laisse les fenêtres entrouvertes la nuit. J’oublie de rabattre les persiennes. Chaque matin, j’ouvre les yeux avec cette lumière qui annonce une belle journée. Et chaque matin, j’ai cette même énergie des journées d’été.

En boucle, j’écoute ce morceau. Dans l’appartement, dans la voiture, dans mes écouteurs. J’écoute ce morceau et je me dis que l’été est fait pour être dansé. Un mardi, je termine ce carnet qui m’accompagne depuis quelques années et j’en adopte un nouveau. Je le choisis avec cette pensée – et cette exigence – qu’il sera mon compagnon de l’intime durant quelques années à son tour. Sur la première page, j’écris Aux beaux jours et, je souris, en me disant que c’est de saison. A l’intérieur, j’y liste les petits et grands projets. Sur la première ligne, j’écris Louer un appartement en Espagne et, je souris à l’idée de cet appartement au bord de la mer.

Pendant qu’Holly ronronne l’après-midi, je lis pour la millième fois Michaux. Je me surprends à connaitre la plupart de ses poèmes par cœur et cela me fait sourire. Alors, je ferme le livre, les yeux ; et je termine la lecture à l’intérieur lointain. J’ai des envies de lacs et de montagnes. De mer et de sable qui colle à la peau. De baignades improvisées, d’horizon bleu bleu bleu et de silence qui enveloppe.

Alors, j’enfile un maillot sous ma robe avec l’envie de troquer mon bureau contre un peu d’herbe et de soleil. Je prends la voiture. J’ouvre les fenêtres. J’allume la radio, je chante un peu faux et j’ouvre les yeux. Je roule vers l’inconnu. Au soleil, j’oublie l’ordinateur. Je ne sais plus très bien si je me déconnecte ou reconnecte. Je ne sais plus très bien et ce n’est pas important. Je vais bien.

 

 

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L’idéal de perfection

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Comme souvent l’été, tout semble devenir un peu moins important, un peu plus lent, un peu plus léger.
 
Alors quand j’oublie, quand j’angoisse, quand je me disperse et que j’aurais aimé faire un peu mieux ; je me répète De ça, je me console comme un mantra en pensant à Lola Lafon. Doucement, je ralentis. Je respire. Je voudrais retrouver le temps de l’écriture et de la photographie.

Je voudrais, je crois, arrêter de courir et oublier cette exigence de perfection et de réussite qui me colle au corps depuis des années, et qui fait que parfois je ne sais plus très bien ce dont j’ai vraiment envie. Je veux dire ce qui me rend heureuse, à moi, et pas parce que la vie doit, devrait, être un joli tableau. Parce qu’il faudrait faire toujours mieux, toujours plus grand, toujours plus.
Parce que la vie n’est ni film ni un roman et que l’on a le droit d’échouer, de louvoyer, de se tromper. Parce que, les failles, les petites imperfections, les bleus sur les genoux, sont souvent ni graves ni importants. Parce que l’on a le droit de changer d’avis. Parce qu’on vit avant tout pour soi, pour être heureux ; et parce que les gens qui nous aiment le seront toujours, pour nous, si on l’est.

Alors, quand je doute, je me demande si c’est ça, vraiment, qui me ferait plaisir. Si c’est ça dont j’ai envie là tout de suite. À l’intérieur. J’apprends à écouter cette petite voix, juste là, au creux du ventre. À courir vers mon risque. Et qu’importe si le tableau n’est pas aussi harmonieux ou lumineux. Qu’importe si je me trompe, si je m’ecorche et si parfois je pleure ; j’ai en moi la conviction d’avoir écouté ce qui fait battre mon coeur, de m’être écoutée, et au fond, je sais bien que c’est l’essentiel.
 
L’été est fait pour ralentir, pour s’écouter, pour grandir – et boire du rosé, tard le soir avec les copains, en refaisant le monde et en se disant que la vie est quand même drôlement belle.

 

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En ce moment, je lis Le syndrome du bien-être qui fait écho à tout ça et que je vous conseille mille fois. J’avais lu cet interview des Inrocks d’un des auteurs, il y a quelque mois, qui m’avait donné envie de le lire. On y parle de cette tyrannie du bonheur et de l’injonction au bien-être, qui au lieu de produire à coup sûr toujours une vie saine et jolie, fait parfois beaucoup culpabiliser et un peu de mal.

Je ne sais pas si vous l’avez lu, si c’est un sujet qui vous touche, mais je voudrais bien avoir votre ressenti sur tout ça.

 
Oh, et puis, et vous, dites-nous, c’est quoi, qui vous ferez vraiment plaisir là tout de suite ? 
 

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De la Great Ocean Road et de difficulté d’écrire la beauté

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Je ne sais pas très bien comment raconter ces vingt-quatre heures-là. Ce sont les plus incroyables que j’ai pu vivre lors d’un voyage, voilà. Depuis que je suis rentrée d’Australie, j’y ai pensé souvent. J’ai regardé les photographies. J’ai fait une petite vidéo. J’ai dessiné. J’ai repoussé le moment de l’écrire. Je sais écrire le quotidien, l’insignifiant, les petits riens. Je sais raconter des histoires. Je sais me raconter des histoires.

Quand il s’agit d’écrire le réel, de coller au réel, d’écrire ce qui marque, ce qui fait battre le coeur tout d’un coup un peu plus fort. D’écrire, je veux dire, ce que je ressens, à l’intérieur, là précisément maintenant tout de suite. Quand je voudrais retranscrire la beauté de ce moment-là : tout s’embrouille s’emmêle se mélange. Mes mots prennent la poudre d’escampette. Je reste muette. Je crois que, finalement, je ne sais pas dire-écrire-exprimer l’instantané.

Je voudrais choisir les mots les plus justes, les tournures qui collent à la réalité, les phrases qui diraient ce qui se passent à l’intérieur, ce que l’on ressent quand on est face à ce paysage à couper le souffle. Quand on prend ce premier vol long courrier seule pour le bout du monde ; quand on envoie ce SMS, en tremblant un peu et en retenant sa respiration, pour dire rien pour dire je pense à toi je ne t’oublie pas tu sais. Quand on apprend qu’on a notre diplôme avec cette mention tant espérée-rêvée-imaginée après des années d’études et que l’on est un peu fier de soi quand même, un peu fier pour papapamaman aussi. Quand on rentre avec ce tout petit petit chien et qu’on se dit qu’on est responsable pour deux maintenant – et beaucoup trop heureux aussi. Quand on voit notre nom sur ce journal qui dit que oui, que l’on a notre petite entreprise à nous, qu’on dirait qu’on est un peu grand, un peu petit encore pour mille choses aussi. Quand ce garçon glisse pour la première fois sa main dans la notre et que notre ventre se tord et que notre coeur bat tout à coup bien trop fort et que l’on ferme les yeux et que l’on sourit à l’intérieur un peu trop, beaucoup trop, tu vois ?

Je voudrais bien savoir écrire ces émotions-là. Je voudrais bien savoir écrire ce qui se passe à l’intérieur, ce qui fait que cela se tord, que l’on est vivant, que l’on ressent, que l’on grandit tout à coup. Brutalement. Mais, je crois que vraiment, je ne sais pas. Alors, je brode. Je raconte des histoires. Je fais des blagues. Je tourne autour. Je raconte la couleur du ciel, la hauteur des arbres et la vue incroyable. Dis, tu as vu comme c’est beau ? J’écris les détails. Et puis, j’ai peur. De ne pas être à la hauteur, d’être à coté, de mal m’exprimer et, finalement, d’oublier l’essentiel.

Alors, et souvent, je ne dis rien. Je souris et je garde un peu tout ça moi.

 

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Il y a les voyages que l’on attend depuis des mois, parfois des années. Des voyages que l’on pourrait dessiner les yeux fermés. Avant de prendre l’avion, ils contiennent déjà leur part de rêves, d’images et d’émotions. Je n’attendais pas grand chose de l’Australie. J’imaginais le bout du monde. Voilà, j’imaginais le bout du monde et je souriais. J’imaginais le bout du monde sans savoir vraiment à quoi il ressemblait. On m’a dit répété murmuré sa beauté et sa grandeur. Je crois, que je savais déjà avant de partir, que j’y trouverai un peu plus que tout ça.

Cela fait deux mois que je suis revenue d’Australie, deux mois que j’en parle avec le sourire sur les lèvres à toutes les personnes que je croise. Que j’énumère les détails insignifiants. Que je raconte la légèreté ressentie là-bas. Que je répète que c’était beau. Que c’était incroyablement beau. Que l’Australie m’a bousculée, marquée, comme aucun voyage ne l’avait fait auparavant.

Que, aussi, je voudrais y retourner. Un peu plus longtemps, un peu plus en prenant le temps cette fois. Deux mois que je me dis que je poserai bien mes bagages là-bas, et que je crois, que j’y serai heureuse. Que j’ai ressenti, pour la toute première fois, une douceur de vivre et une dynamique incroyable. Que la nature est folle, que.

 

 

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Alors, quand on a pris le ferry ce matin-là, je guettais l’horizon sans savoir bien ce qui se trouverait de l’autre coté de la rive. J’avais, bien sûr, quelques images et mots en tête. Great Ocean Road, forêt tropicale, ecolodge, hélicoptère, douze apôtres. Les koalas et kangourous aussi que je n’avais pas encore croisé depuis le début du voyage. Des images floues, quelques couleurs et c’est tout. J’imaginais la cote d’ouest de l’Australie comme une enfant. Je l’imaginais naturelle, grande, vivifiante.

A l’arrivée, j’ai rencontré la pétillante Anna, ma guide jusqu’à la fin de la voyage. Anna est australienne. Elle revenait tout juste à Melbourne après avoir passé quelques années au Royaume-Uni. Elle travaille pour l’office du tourisme. Et quand vous l’écoutez vous raconter l’Australie, vous comprenez que ce métier est fait pour elle. Ensemble, on a pris la route pour la Great Ocean Road. Malgré la fatigue et les heures de route, j’ai gardé les yeux grands ouverts. Le paysage était hypnotisant. Voilà c’est le mot. Hypnotisant.

A partir de ce moment-là, tout s’est enchainé. Il y avait le montagne, le ciel bleu et la nature tout autour. On a roulé roulé roulé. Pendant qu’Anna me racontait l’Australie, je lui racontais la France. Peu à peu, j’ai oublié mon anglais bancal et la discussion est devenue plus fluide. On s’est arrêtées sur la bord de la route à chaque fois que l’on pouvait. On a pris des photographies. Et puis, on a oublié de prendre des photographies. C’était beau. On dit, on a répété. C’est beau. Et puis, on a arrêté de parler. On a oublié les mots. On a regardé, observé, vu. On a repris la route. On a rallongé le trajet pour continuer à longer l’océan encore un peu plus longtemps. On a oublié le temps.

 

 

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En début d’après-midi, on est arrivées au parc national de Great Otway. Doucement, la végétation est devenue plus imposante. Plus verte, plus dense. On s’est garées et on a continué la visite à pieds. Je me souviens de la hauteur folle des arbres. On aurait dit une tapisserie végétale. Quand on a quitté la forêt tropicale, les nuages laissaient enfin la place à un ciel bleu. Alors et avant de découvrir l’écolodge, on en a profité pour rejoindre une dernière fois l’océan.

Et puis, cette première rencontre avec les kangourous et les koalas en pleine nature. Chercher les koalas cachés dans les arbres. S’étonner, montrer du doigt et fondre. Le bébé koala qui colle-serre-enlace fort fort fort sa maman. La terrasse de la chambre avec vue sur les kangourous, le silence qui secoue et qui apaise, le temps qui semble tout à coup suspendu. La découverte du parc naturel au coucher du soleil et puis ce diner partagé avec les hôtes du monde entier le soir autour de la grande table en bois.

Au réveil et du lit, apercevoir quelques kangourous au loin et sourire. Rejoindre Anna et prendre la route jusqu’aux douze apôtres. S’émerveiller à l’idée de découvrir le paysage en hélicoptère. Mon impatience d’enfant, le rire d’Anna et le ventre qui se serre un peu quand je nous vois nous élever, tout à coup, au dessus des nuages. Le panorama incroyable vu du ciel avant de le découvrir ; quelques minutes plus tard, au sol. Sentir son cœur battre un peu plus fort. Serrer sa chance encore, encore et encore.

Reprendre la route pour aller déjeuner dans ce petit village de surfeur. Les yeux grands ouverts. L’accumulation d’émotions, d’images, de couleurs.

Et puis, cette beauté qui frappe et vous bouscule tout entière, vous voyez ?

 

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Les images sont en vrac. Je crois qu’elles sont un peu à l’image de ce qui reste deux mois après. Des paysages à couper le souffle. Une nature dingue, des animaux bien trop mignons et des lieux qui donnent envie de poser ses bagages pour quelques mois. Des émotions qui font boum-boum et une atmosphère apaisante.

Pour les informations pratiques, les photographies ont été prises sur la Great Ocean Road, à la Otway forest et à Port Fairy. L’écolodge un peu trop parfait est le Great Ocean Ecolodge.

 

 

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