Vie de Miettes

Etudes de Lettres Modernes et Philosophie : et après ? 26 février 2010

Paris, la nuit, du Sacré-Coeur

Ce n’est pas simple de s’engager dans des études littéraires. J’en ai déjà parlé à demi-mots. J’arrive à un passage essentiel de ma vie, à un moment où je dois choisir ma route. J’ai une licence de lettres modernes. Je finis ma licence de Philosophie en Espagne. Sur le papier, tout semble être pour le mieux.
La réalité est autre. Il n’y a pas de débouchés. Là, vous vous dites que j’aurais pu m’en douter et que je n’ai pas à me plaindre maintenant, ou alors qu’il faut se battre et arrêter de se complaire de son sort. Alors oui, bien sur, je pourrais vous citer untel ou untel qui sont de beaux exemples de réussite dans le domaine littéraire. Mais, je ne connais personne qui a « réussi » en venant de mon université ; je ne connais personne, non. Cela m’angoisse. J’en fait des cauchemars, je vois tout en noir et en perds toute objectivité. Je suis perdue.
Quand je suis arrivée à la faculté, tout le monde me disait que cela serait difficile. J’étais une bonne élève, alors je pensais qu’en me donnant les moyens ; j’y parviendrais. Je ne voulais pas de la facilité. Ce n’est pas difficile, c’est impossible.
Ceci dit, j’ai choisi mes études par conviction ( et non parce que j’étais mauvaise dans le domaine scientifique ! ). J’aime les mots et la réflexion. Les sciences demandaient un résultat qui serait juste ou faux, les lettres nous poussent à aller toujours plus loin. Il a une recherche perpétuelle qui m’a toujours fasciné. Je ne regrette pas mon choix. J’ai adoré apprendre durant ces trois ans presque quatre d’études. Je m’y suis sentie vraiment à ma place. J’ai pu acquérir une culture littéraire et philosophique, une certaine curiosité qui me donne envie de lire, de débattre, de réfléchir.
Voilà, trois ans que je cherche des stages pendant l’été ou des petits (ou grands !) boulots qui pourraient se rapprocher de mes études. Je postule et je ne reçois que des réponses négatives. On me demande des stages, de l’expérience : je n’en ai point. Les rares stages et emplois proposés sont sur Paris. Alors évidement mon CV n’a rien d’exceptionnel pour accepter une personne de l’autre bout de la France, de l’Espagne. Ce n’est pas facile de se confronter à des dizaines de refus, de silences. Comment trouver ce premier emploi ? Puis si je suis prise ( par miracle !) dans la région parisienne, comment trouver l’argent pour louer une chambre ? Je crois que je ne parviendrais à rien dans ce milieu tant que je n’aurais pas mon réseau, mes contacts et gagné au loto. Alors oui, je suis trop sincère et pas assez machiavélique pour me faire des «potes» en vue d’une finalité professionnelle.
Il y a aussi la poursuite d’étude: continuer dans mon université ne m’apportera rien de plus au niveau professionnel. Passer des concours de l’administration publique, le CAPES ? Quand je vois le nombre de places qui diminue chaque année, le nombre de candidats, et ma confiance ; je passe à une autre idée.
Partir oui, pourquoi pas: mais alors comment faire pour payer encore les études ? Paris c’est le mieux, évidemment. Paris est une ville chère et les écoles y sont souvent privées et donc payantes. Il y a aussi un Master pro à Poitiers qui semble intéressant – rédacteur web – , le problème du financement reste identique. Je suis perdue, je ne sais plus quoi faire. J’ai vraiment peur de faire un prêt pour financer une école et de ne me retrouver sans emploi, et avec des sommes astronomiques à rembourser.
Puis sincèrement, avoir une double licence, pour finir caissière à Mac Do, cela m’attriste un peu. Pour le moment, je colle des petites annonces pour donner des cours particuliers de lettres, de philo, et des suivis scolaire.
Et le reste du temps, j’attends sagement que la vie passe.
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Venise – Paris 25 février 2010

Venise - Paris
Venise – Paris 2010
Ces deux portraits me rappellent la douceur de nos vacances. Le ciel est à nouveau gris et le froid se glisse sous la peau. Le mardi, mercredi, et jeudi, je donnerai des cours particuliers à deux enfants, ce n’est pas beaucoup mais j’en souris déjà.
J’attends un mail depuis mardi, un sujet d’examen. Il y a dix minutes, j’ai envoyé un message pour la prévenir à nouveau que je ne l’ai pas reçu. Je confirme, l’organisation de l’université espagnole n’a rien à envier à la notre.
J’aimerais trouver un travail. Je me sens un peu (beaucoup !) inutile en ce moment et mon moral chute.
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Le printemps est presque là. 24 février 2010

Les premières journées de soleil sont toujours dès plus douces. La sensation de chaleur sur ma peau est une caresse. Enfiler une robe légère, regarder le ciel bleu, prendre un bain de soleil sont autant de signes d’un printemps naissant. Le sourire sur mes lèvres et un livre à la main, je m’assoie au bord de la terrasse en tailleur. Le sol est encore froid et un frisson parcourt mon corps. Il fait bon. J’aime cette sensation de renaissance qu’apporte cette nouvelle saison, cette énergie fugitive qu’insuffle les premiers rayons de chaleur. Les envies qui éclatent comme un feu d’artifice dans le ciel. Les joues rosées, les yeux qui brillent, je me sens presque forte à cet instant. Les montagnes qui m’encerclent, paraissent moins effrayantes. Les monstres-géants redeviennent des ombres ridicules. J’ai peur par milliers mais des solutions arriveront comme une lettre un matin, je croise les doigts. J’ai envie d’y croire de me le promettre de me le jurer comme une enfant, pour la vie.

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Venise, partie 3: la nourriture italienne 23 février 2010

Le café Florian
Le café Florian

Venise, c’est aussi une nourriture merveilleuse. Quelques semaines avant de partir, j’ai lu Mange, Prie, Aime d’Elizabeth Gilbert dans le train pour aller à Valencia. Ce livre m’a laissé une image de l’Italie gustative suave, m’a donné envie de croquer, savourer, déguster Venise par ses plats.

J’y suis arrivée avec l’idée en tête que mon palais allait découvrir des goûts merveilleux et jusqu’à lors inconnus. Je n’ai pas été déçue tant qualitativement que quantitativement. Alors bien sur, si vous faites attention à votre silhouette, n’allez pas en Italie ou oubliez-la le temps d’une semaine. Les italiens mangent, ils ne grignotent pas.

Le repas se déroule en cinq étapes principales, six si l’on rajoute le caffè. La première est l’antipasti qui est là pour vous ouvrir l’appétit. C’est l’hors-d’oeuvre. Une fois ce plat fini, on vous sert il primo piatto. Il est en général constitué d’une grande ( selon eux, «petite», selon moi énorme !) assiette de pâtes, pâtes toujours délicieuses et surprenantes. On vous apporte ensuite il secondo piatto dès l’instant où vous avez fini le premier.

Il n’est pas question de faire une pause. Le second plat est de la viande ou du poisson. Il est possible, et tous les italiens le font, de prendre i contorni, des légumes ou des féculents dans une assiette séparée. Une fois tout cela fini, c’est l’heure du dolce puis du fameux caffè italien.

En éliminant l’antipasti, je commençais sérieusement à ne plus avoir faim dès le premier plat. Les italiens mangent une énorme part de pâtes comme nous mangeons du pain. Mon petit estomac, le pauvre, avait un peu de mal.

Alors j’avais toujours un énorme dilemme : finir les pâtes délicieuses et oublier le second plat, ou laisser la moitié de mes pâtes – avec regret –  et savourer le second plat. C’est dur la vie de touriste en Italie !

A Venise, j’ai découvert le plaisir de manger des pâtes et des pizzas. Je ne sais pas si c’était l’effet du bonheur d’être à Venise avec mon amoureux ou si la nourriture était vraiment exceptionnelle. J’ai mangé des pâtes et pizzas qui se rapprochaient du divin. Non, je n’exagère rien. Les pâtes étaient moelleuses, tendres, al dente, parfaites. J’ai aussi mangé pour la première fois des plats italiens délicieux comme le fegato de veau à la vénitienne, il fritto misto – friture de plusieurs fruits de mer -.

Quand je suis rentrée en France, j’ai acheté des pâtes fraiches, chose que je n’avais jamais faite, afin de retrouver ce goût associé à Venise. Elles n’étaient pas mauvaises mais la magie divine s’était envolée.

Il y aussi l’autre versant des restaurants, « les restaurants à touristes ». Avec Anthony, on essaie toujours les restaurants au petit bonheur la chance: pas de guides, pas de conseils !
On tente, on goûte, on juge. Alors parfois on est chanceux, parfois pas. Un soir d’ailleurs, nous avons mangé dans un restaurant odieux tant par le service que par la nourriture, et avec une addition avoisinant les cent euros. De la nourriture froide, des serveurs acerbes et pressés – 11% de la note finale était pour le service ! – , des plats congelés, un vin immonde et onéreux … nous a permis de conclure que c’était vraiment ça, un restaurant à touriste.
Alors n’allez pas au Poggio.

Nous nous sommes aussi rendus, au Café Florian. C’est le plus ancien café de Venise et il se situe sur la place Saint Marc. Si vous vous allez à Venise, allez-y ! Le décors est magnifique, la vue sur la place Saint Marc unique, les chocolats chauds divins. Vous y serez servi comme des rois. L’accueil est agréable et les fauteuils si confortables que vous n’aurez plus qu’une seule envie: ne plus reparti !. Les prix sont élevés, c’est vrai. On a payé un peu plus de vingt euros pour un capucino et un chocolat chaud. On ne vient pas tous les jours à Venise après tout, alors autant en profiter.

Un restaurant à vous conseiller ? Sans hésiter, La TratorriA da Gigio. Les plats sont vraiment très bons, l’accueil simple et chaleur, et les prix très corrects. On a mangé dans ce restaurant pour notre premier et dernier repas à Venise. Les plats nous ont surpris et ravi à chaque fois.

TrattoriA di Gigio,
Campo S. Leonardo, 1594
Venezia

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