L’usurpatrice

Webmaster à Toulouse

 

Lorsque Sophie-Charlotte m’a contactée l’année dernière pour me proposer de répondre à quelques questions pour son prochain livre sur les entrepreneurs (créatifs), cela m’a touchée doublement : doublement parce que poser un minuscule bout de moi dans un livre ou magazine me surprend toujours autant, et puis, il y avait ce mot « entrepreneur » dans le titre. Ce mot à l’intérieur duquel j’ai encore tant de mal à me reconnaitre et à y trouver ma place. Ce mot qui sonne comme un peu grand un peu sérieux et qui me fait rougir quand je le prononce.

Au quotidien, quand on me demande ce que je fais, je tâtonne. Je ne sais jamais trop comment parler de mon quotidien. Alors, je rougis. Je dis : « je travaille dans le web » qui veut tout et rien dire. J’aide les créateurs et entrepreneurs à définir leur identité. Je fabrique des univers. Des faire-part, des sites web, des univers graphiques. Des blogs, des sites vitrines, des e-boutique. Des applications un peu plus importantes, et du print parfois aussi. A coté, j’ai un petit blog mignon. Je fais du sur-mesure et j’aime prendre le temps. J’avance à mon rythme. J’ai commencé toute seule et puis mon amoureux m’a rejoint. On a créé une petite entreprise ensemble. Je, oh, mais rien, un petit truc de rien du tout. Je rougis. J’avance, je bafouille, je m’éparpille.

J’essaie, on essaie, doucement de grandir et de faire des jolies choses. Des choses qui ont du sens, c’est important pour nous. On se précipite pas, tu sais. Si je sens que la personne en face de moi est réceptive et bienveillante, alors je raconte tout doucement nos projets avec des étoiles dans les yeux et en ajoutant que l’on verra, que l’on fait de notre mieux, que rien n’est vraiment figé. Je m’ouvre tout doucement et je nous raconte. Je raconte cette petite entreprise que l’on voudrait à notre image : enthousiaste, passionnée et avec des belles valeurs.

Je fuis les endroits un peu trop sérieux ayant peur de ne pas être à ma place. J’angoisse avant d’aller à la banque ou chez notre comptable. Je tremble toujours quand je signe des documents un peu importants. Je me dis souvent que tout le monde va se rendre compte un jour que je ne sais pas grand chose, que je fais beaucoup de petits riens. Souvent aussi, je me rappelle des mots de Sonia Rykiel : « Pendant dix ans, je disais tous les jours j’arrête demain. On va s’apercevoir que je n’y connais rien. J’ai toujours pensé qu’on finirait par me démasquer« . Ces mots me rassurent et je me dis que je veux bien conserver ce sentiment-là si je parviens un jour à avoir un tout tout tout petit peu de son talent.

Je suis encore minuscule et j’apprends. Je fais de mon mieux, je tremble beaucoup et j’y mets beaucoup d’amour. C’est finalement, j’imagine, déjà beaucoup. Alors, me glisser dans ce livre avec le mot entrepreneur dans le titre était un peu petit signe. Un coup de pouce pour me dire de lever les yeux et croire un peu plus en moi. A l’intérieur, j’y parle un peu de mon quotidien, de mon parcours et de la façon dont j’écris mes bilans (émotionnels). Oh, rien du tout, pas grand chose, mais un petit pas grand chose, qui me ressemble et qui fait battre le coeur un peu plus fort.

Vous vous sentez parfois un peu usurpateur vous aussi ?


Bougie Durancefleurs-32guide des entrepreneursentrepreneur-toulouse-10
Si le livre vous intéresse, c’est : Le guide des entrepreneuses créatives aux éditions Eyrolles. Il est paru en mai – je ne suis pas très très réactive. Il fourmille d’idées et de conseils pratiques.
La petite bougie et le parfum viennent de chez Durance et sentent incroyablement bons.

 


 

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Vos commentaires
sont des petites douceurs
Mille mercis à vous

  1. Oh comme je te comprends ! Il me reste une année d’étude en alternance encore, donc encore un peu de temps avant d’avoir les pieds bien plongés dans la vraie vie active mais à travers les projets que j’ai déjà pu avoir, je me demandais toujours si j’étais vraiment la meilleure personne pour ça, ne croyant pas vraiment aux compétences que l’on me reconnaissait et en me disant toujours qu’il y avait forcément meilleur que moi (ce qui en soit est forcément vrai). Mais lors de ces phases de questionnement, mon amoureux vient toujours me dire que si l’on fait appel à moi (et donc à toi) c’est que l’on reconnait quelque chose qui correspond aux attentes du projet proposé. Tu fais des choses formidables, c’est donc bien que tu es légitime et que tu as bien ta place dans ce que tu fais, peu importe si il n’y a aucune étiquette qui puisse nommer ton activité :)

    Répondre
    • Oh, ton amoureux a raison. Je sais tout ça, je crois, mais cela reste compliqué. Tout doucement, je me pose un peu moins de questions sur les projets et les petites chances qui s’offrent à moi. Je profite, je profite (bon, cet été, j’ai quand même dit non à un trèèèèèèèès joli projet où j’avais peur de ne pas être à la hauteur et je ne sais pas vraiment si j’ai bien fait – à cause de la pression que j’allais me mettre – ou si j’aurais dû foncer et que cela aurait été). On est tellement durs envers soi-même.
      En revanche et là où j’avance pas trop, je n’ai toujours pas mis le bout de mon nez dans une CCI ou dans un espace de coworking. Je me sens pas trop « à ma place » dans ce genre d’endroit. C’est un peu débile je crois (grandir, grandir, graaaaaandir !).

      Des bisous la jolie !

      Répondre
  2. Laetitia

    Le plus important est de faire les choses comme on les aime mais surtout de rester soi même.
    Plein de » petits riens » feront un jour un « grand rien ».
    Bonne continuation.
    Laetitia

    Répondre
  3. May, vous n’êtes aucunement usurpatrice,vous avez un vrai talent, une véritable écoute des besoins de vos clients, une éthique et une très belle créativité. Croyez en vous! et belle continuation pour votre petite entreprise que vous dessinez à votre image.

    Répondre
    • Merci beaucoup Armelle. Votre mot me touche beaucoup. Je sais que j’ai une chance folle d’avoir des clients avec des jolis projets et bienveillants qui me font confiance, et que m’aident doucement à prendre confiance.
      Merci merci merci.
      A très vite !

      Répondre
  4. Moi je me sens de plus en plus entrepreneure et de moins en moins créative… alors que je suis les deux. A mes débuts j’étais beaucoup dans la création et je tatonnais et apprenais l’aspect entrepreneur, et j’adore cet aspect là. Et j’ai besoin de l’aspect création, de faire avec mes mains, d’apprendre des techniques. Du coup j’ai deux entreprises en rapport avec la création.

    Répondre
    • Oh, c’est drôle et super chouette ça. J’ai l’impression que c’est tellement courant ce sentiment d’imposture en tant que femme entrepreneuse que cela me fait tout plaisir de lire ça ! :)
      Belle fin de week-end à toi !

      Répondre
  5. Alice

    Chère May …
    J’ai eu l’impression de me lire en lisant ce billet. Je sors de 10 ans d’études, 10 à me chercher et à me demander chaque année, « où est ma place? »
    Droit, science po, communication en école de commerce, stages, chômage, puis création d’un blog de pâtisserie, j’arrive à trouver un truc qui me prend aux tripes, je tente la reconversion, CAP pâtisserie, une formation minable et pendant, un accident, et je peine depuis près d’un an à retrouver ma petite étincelle. Je ne me sens à place, légitime, nulle part. Je pense que l’inactivité ne doit pas aider mais j’ai toujours eu l’impression, depuis la première année de fac d’être moins bonne, moins cultivée, moins capable de réaliser mes ambitions. Et pourtant j’en ai, et parfois je me surprends à savoir / savoir faire des choses que les autres ne savent pas faire, mais le manque de confiance en moi ne me quitte pas.
    On vit dans un monde qui nous harcèle sans cesse avec le succès, l’innovation, la réussite et c’est une telle pression qu’à chaque interrogation, à chaque épreuve, il faut trouver des trésors d’énergie pour se faire violence. Aujourd’hui, j’ai arrêté mon blog, j’essaie de trouver la motivation de le relancer, j’essaie de retrouver la motivation d’aller taper aux portes pour trouver un boulot, mais je peine. Je ne me sens pas à la hauteur …

    En ce qui te concerne, il y a une phrase qui m’a particulièrement touché dans ton billet, « je fabrique des univers ». Tu as contribué à fabriquer l’univers d’une de mes amies, un blog que j’aime beaucoup (Irresistibird) et je trouve justement admirable que dans ta timidité et ta modestie, tu aides les autres à trouver leur identité. Tu n’as besoin de rien d’autre pour légitimer ton travail, tu crées des univers, tu aides d’autres créateurs à exprimer leur personnalité et crois moi, c’est le travail de toute une vie de savoir comment faire … Alors ne change rien. :)

    Répondre
  6. Katia

    Tu es quelqu’un de passionnée, et forcément quand les gens font appel à toi, tu donnes tout, tu y met tout ton coeur et tout ton talent, et ça fait des étincelles, des jolies paillettes dans les yeux.
    On manque toujours de confiance en soi, on se compare toujours aux autres, et pourtant tu es tellement légitime! Tu as un tel talent, cette capacité à presque rentrer dans la tête des gens, à faire prendre vie sous les yeux ce qu’on peut avoir dans la tête. Tu as tellement donné pour être là où tu es, tu y as mis tellement de coeur et de passion, et ça se ressent dans tes projets.
    Tu as ta place, et tu le mérites. (Si tu savais comme je rêve de me trouver à ma place. Depuis mon échec, je n’arrive pas à trouver ma place. Toute ma petite vie j’ai su ce que je voulais faire, et puis maintenant, je ne sais pas. C’est le néant, le gros vide, le gros point d’interrogation. Et Dieu que je rêve de faire un métier où je pourrai tout donner et m »investir à 100% car j’y serai épanouie).
    Je te souhaite encore tellement de jolis projets & que ta confiance en toi grandisse toujours plus <3 <3 <3

    Répondre
  7. C’est d’ailleurs grâce à ce livre que je vous ai découvert :)
    Oh comme je connais ce sentiment! Bafouiller quand on me demande quel est mon métier, avoir l’impression de ne pas être prise au sérieux, malgré la masse de travail abattue et les décisions un peu folles qu’il faut prendre… Un an maintenant que j’ai créé ma petite entreprise, et je suis loin de me sentir légitime!
    Le bouquin de Sophie-Charlotte me fait d´ailleurs du bien dans les moments de doute… :)

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  8. Maud

    Chère May,
    sur la porte de mon petit bureau d’orthophoniste, j’ai placé cette citation de S. Beckett : « Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes avec le temps ».
    J’aime ces mots. Ils font sens. Pour moi, pour mes petits patients, pour leurs familles.
    Pas un jour ne se passe sans que le doute ne s’installe dans mon esprit. Face à mes patients, mes connaissances me semblent souvent si fragiles… Et quand le sentiment de ne pas être suffisamment à la hauteur ou à la juste place, pointe le bout de son nez de manière un peu trop vive, je m’arrête et je repense à ces « petites choses » qui, avec le temps, peuvent mener aux grandes.
    Alors, avec des mots-armures comme « humilité, bienveillance, indulgence », je m’efforce de fissurer le mur d’angoisse qui me colle à la peau. Un pas, puis l’autre. Comme mes tout petits patients qui apprennent à se tenir debout. Grâce à eux, je me rappelle que le fait de vaciller ne constitue en rien un échec. C’est simplement un préalable à l’équilibre.
    Quant à toi, sais-tu que tes mots résonnent souvent en moi comme de véritables petites respirations ?
    La vie est une grande chaîne, et tu y contribues drôlement May. Tu peux en être sure, et fière.
    Alors, belle continuation pour tes projets, les petits, les moyens, les grands et la belle Aventure avec ton amoureux.
    A bientôt !

    Répondre
  9. Isabelle

    J’ai toujours ce sentiment. Chevillé au corps, suspendu à ma motivation.

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  10. Comme ça fait du bien de lire ça. On fait toute les deux le même métier, et j’ai toujours pensé que j’étais la seule à ressentir cette chose.. Cette chose qui te fait penser que beh par rapport aux autres graphistes tu es nulle, tu ne connais rien, tu n’es pas si pro que ça. Alors qu’en fait, on est tous pareil, on ressent tous la même chose et on apprend tous sur le tas.
    Merci pour ce post ça m’a fait du bien ^^ Bonne continuation dans tes projets.

    Répondre
  11. Si tu savais comme cet article me fait du bien. Dans ma « vraie » vie, quasi personne ne connaît l’existence de mon blog. Dans mon « vrai » métier, personne ne pourrait se douter comme je bricole à côté et rêverais de pouvoir me consacrer à ça. J’ai tous les jours le sentiment de l’imposteur, et même, parfois, j’ai l’impression de devenir schizophrène. Je le porte à bout de mes tout petits bras, mon (encore plus) petit blog, j’ai des rêves et des espoirs pour quatre, avec lui, mais je n’arrive pas à en parler à mon entourage, comme si je considérais que ca ne pouvait pas être pris au sérieux par quelqu’un d’autre que moi. Je me passe du même coup de potentiels encouragements, et parfois, moi aussi je me dis comme Sonia Rykiel, et puis non non, tu vois, je continue. Merci pour cet article.

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  12. lnaula

    Je comprends tellement votre sentiment que je partage aussi malheureusement. Un plein réflexion pour changer de boulot (d’employeur je veux dire, pas une reconversion professionnelle), je ne peux pas m’empêcher de penser dés que je vois une offre intéressante que ce n’est pas pour moi, que je suis pas assez compétente.
    A ce propos j’ai lu il y a pas longtemps un article sur ce sujet sur Le Monde. Il parait que c’est « un mal » qui touche beaucoup les femmes.

    Je voulais aussi m’excuser, il y a quelques temps on avait discuté à travers les commentaires de ce blog et je vous avais dit avoir utilisé certaines de vos créations pour le baptême de ma fille et je ne vous ai toujours pas envoyé les photos. La vie va trop vite..

    Répondre
  13. Ton métier est en adéquation avec notre société actuelle, très connectée. Je trouve très jolie ce que tu fais, tu offres du beau aux entreprises. Je trouve ça super. :D

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  14. C’est amusant comme le terme usurpatrice est un sentiment typiquement féminin… Je te surconseille de lire « En avant toutes » de Sheryl sandeberg….ça va te passer l’envie de te sentir usupatrice et tu comprendras à quel point tu es légitime….File lire ce livre stp !!

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    • Alice

      Je lisais justement les commentaires voir si quelqu’un avait cite ce livre! Je plussoie, il faut le lire :) cela s’appelle le syndrome de l’imposteur et c’est typiquement feminin.

      Le livre de Sheryl Sandberg est en train de changer ma vi(e)sion de moi-meme dans la societe et de me donner le courage de m’affirmer, Aix Parisienne a raison: file lire ce livre stp!

      Répondre
      • Merci Alice! ON devrait toutes se défaire de ce sentiment et d’un autre qui est pas mal aussi qui s’appelle « la culpabilité »…Je dis ça car je suis pour ma part maman et ce livre comme ceux de E.Badinter m’ont vraiment fait avancé ;-) Quand mon blog était actif j’avais fait un billet sur ce livre CANONISSIME !!!

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  15. chocoladdict

    oh que oui je te comprends et je me reconnais dans tes mots comme dans ceux de Sonia Rykiel…je me suis toujours trouvé moyenne en tout et ça continue que ce soit pour le blog, pour la pâtisserie (peut-être un peu moins pour mon job finalement ), je sais qu’il faudrait arrêter de se comparer mais quand je vois ce que font les autres, je me sens si petite …

    Répondre
  16. Ce n’est pas le syndrome de l’imposteur, ça ? Je pense qu’on est beaucoup à en souffrir à un moment de notre vie (surtout quand on est jeune ou qu’on débute dans quelque chose). Je passerai sans doute par là très bientôt, quand je me lancerai comme self love coach.
    Je pense qu’il faut se dire qu’on est énormément à ressentir ça, et pourtant, quand on regarde celui en face de nous, on ne se dit jamais « il n’a pas sa place là », alors il est très probable que les autres pensent pareil de nous : que nous sommes bien, professionnel, que nous avons notre place.
    Il faut garder en tête le côté si peu objectif de ce syndrome.

    Anaïs
    du blog « Le Cerf à la Menthe » pour apprendre à s’aimer soi-même, réaliser ses rêves et cultiver son bonheur.

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  17. Je vais aller aussi lire ce livre « En avant toutes » de Sheryl Sandeberg !!!!! Bizarrement je ne me sens pas « usurpatrice » avec mes clients mais plutôt avec mon entourage, ma famille. J’ai mis ENORMEMENT de temps à faire mon site web pro parce que je n’arrivais à trouver les termes justes : freelance, entrepreneur, « je », « nous »… Par contre mon expérience passée en startup m’aide beaucoup pour aller au devant des autres, pousser les portes. J’ai adhéré à un réseau de Femmes entrepreneures de ma région, ça boost pas mal !

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  18. Oui c’est vrai que tout le monde ressent ce sentiment de l’imposteur. C’est normal. Et il ne faut surtout pas le laisser prendre trop de place, sinon, on se met trop d’entrave et on n’avance pas !!! Bon courage petite May et beaucoup de réussite.
    Mireille de Mireo-Créations

    Répondre
  19. Bonjour, je viens de découvrir ton blog grâce à hellocoton et compte bien naviguer dessus ^^ En attendant, je tenais te dire que cet article est très joli et vraiment bien écrit.
    Tu as l’air d’être une personne sensible et modeste. Je ne pense pas que tu sois une usurpatrice, loin de là, ton univers semble très abouti et plaisant ^^ !

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  20. Valérie

    46 ans, 3 enfants, un mari, un job à temps partiel par choix, une envie de ne pas passer à côté de ma vie mais toujours au corps chevillée cette question « où est ma place ? »

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  21. Tues loin d’être une usurpatrice vu ton talent. Ce que tu réussis c’est entièrement grâce à toi et c’est amplement mérité!

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  22. Mais bien sûr, et tous les jours en plus….
    et à mon âge ça commence à devenir un petit peu embêtant….
    j’aime beaucoup la douceur de ton blog que je découvre avec cette sélection hello coton (et bravo pour ça!)
    bisous!

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  23. marie kléber

    Il faut être prudent, c’est une qualité May. Mais il faut aussi arriver à reconnaître qu’on a du talent. Et tu en as. Et tu te donnes depuis quelques années les moyens de faire vivre et vibrer ce talent. Il me suffit de parcourir ton portfolio… Doucement les choses se mettent en place, les projets se concrétisent. Vous êtes deux désormais à nous faire vibrer et à faire danser les étoiles devant nos yeux.
    Belle continuation à vos rêves, à votre aventure. Il faut être courageux pour se lancer alors je vous souhaite le meilleur et que tu gagnes en confiance.
    Je t’embrasse..

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  24. J’ai acheté ce livre il y a quelques mois, je ne l’ai pas encore fini.. je le lis surtout pour me donner du courage en faite. J’ai créé mon entreprise de couture il y a peu et je me sens to-ta-le-ment usurpatrice. Je n’ai pas suivi de cours ni rien, je suis une autodidacte de la couture. Alors certe, je couds depuis que j’ai 5 ans (et j’en ai mangé des jupes plissées cousue totalement à la main) mais j’ai toujours peur qu’une cliente refuse finalement que je fasse ses ourlets. J’ai toujours l’impression de mentir quand je répond que je couds depuis des années (j’ai 22 ans..). Je me sens un peu voleuse. Je crois que ça va durer un moment, haha.
    Ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule, alors merci beaucoup pour cet article.

    Répondre
  25. C’est un très bel article que tu as écrit, et je trouve incroyable que tu l’aies fait (et que je tombe dessus) maintenant. J’ai commencé il y a quelques jours à lire « Lean In », un livre écrit par Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook, sur la femme et le travail. Dès le tout début du livre, elle dédie des pages entières à cette impression d’être une imposture, malgré son succès et tous les efforts qu’elle a constamment mis dans son travail. Comme toi, elle explique à quel point elle a l’impression, dès que quelqu’un la félicite ou dès qu’il s’agit de mettre en avant certaines de ses réussites, d’être « a fraud ». Elle détaille l’impression qu’elle a de ne pas mériter les compliments, que quelqu’un va finir par se rendre compte qu’elle n’y est pour rien et ne mérite pas les honneurs qu’on lui accorde. Elle explique aussi que ce comportement est typique de la gent féminine, que la plupart des femmes l’éprouvent…
    …alors que c’est le cas de très peu d’hommes. Je serais curieuse de savoir si ton amoureux et collègue ressent la même chose que toi face au fruit de votre travail ? :) (et je te conseille la lecture du livre cité plus haut !)

    Répondre
    • Ah, tiens – je viens seulement de commencer à lire les commentaires précédents et je vois que je ne suis pas la seule à faire référence à Sheryl Sandberg ^^

      Répondre
  26. Merci pour cet article qui me parle beaucoup!
    J’ai du mal à parler de mon entreprise à mon entourage, j’en rougis quand j’en parle parfois et je me sens « petite » comme si ce que je faisais étaient des « babioles sans valeur »… Bon, cela n’arrive pas tout le temps heureusement.
    Le pire aussi, c’est lorsqu’on compare nos débuts à ceux d’autres entrepreneurs et qu’on se demande pourquoi notre entreprise ne décolle pas, n’est pas aussi connue et populaire que la sienne et on se met à douter de notre valeur, de notre légitimité…

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  27. Bonjour May, je lis à peine cet article, et il me fait penser à une conférence TED vue récemment : Your body language shapes who you are de Amy Cuddy qui décrit très bien, entre autres, ce sentiment de fraude et le comportement que l’on peut adopter pour modifier notre perception de nous-mêmes. Je crois sincèrement que l’on peut être, et ainsi devenir aux yeux des autres, la personne que l’on veut être. C’est un véritable effort, ce n’est pas évident, mais ça se travaille… nous sommes la première personne à devoir être convaincue par nous-même… et ça on l’oublie souvent.
    J’ai mis ce livre sur ma liste d’anniversaire,
    Belle soirée :)

    Répondre
  28. J’apprécie beaucoup le sujet de ton article car on montre souvent que les bons côtés d’un métier créatif, mais très peu de ces moments de doute et de remise en question. Je ne sais pas si tu connais les vidéos ( wake up calls) de David Laroche, il aborde souvent le thème de la peur de l’échec qui est souvent à l’origine de ce sentiment d’usurpation. Je te conseille d’aller y jeter un œil, de mon côté cela m’a permis de voir les choses sous un angle différent et de mieux avancer. Belle journée ! :)

    Répondre
  29. je me vois dans cet article
    comme toi je suis graphiste free à mon compte depuis peu sur Cannes
    je suis toujours en agence, j’ai peur de me lancer, de travailler chez moi, de ne pas faire assez bien, de ne pas faire assez tout court
    aux yeux de mon entourage je suis exemplaire de faire deux choses à la fois, mon agence et mon perso mais j’aimerais tellement vivre sereine de mon perso un jour
    pour l’instant je jongle encore, je ne saute pas tout de suite
    continue à nous écrire, çà me fait du bien de te lire
    Marie (la fille à l’amoureux jardinier au coeur de paquerette)

    Répondre
  30. Amande Yin

    Je connais bien ce sentiment d’usurpation, tellement difficile à vivre au quotidien. C’est certes un fardeau, mais j’ai appris à l’accepter aussi comme une partie de moi, un trait de caractère avec lequel il vaut mieux composer, négocier plutôt que de chercher à lutter en vain. Je pense qu’il est très difficile de se défaire définitivement de ce sentiment car il renvoie à de multiples aspects de notre vie, des expériences passées et profondément enfouies, expériences par lesquelles nous nous sommes construits. Alors plutôt que de vivre ce sentiment comme un fléau porteur d’angoisses, j’essaie (sans toujours y parvenir) de le transformer en force. Sans lui, je ne serais peut-être pas aussi consciencieuse, même si à cause de lui, je suis trop perfectionniste. Ce sentiment à pour amie la modestie et grâce à lui, nous apprécions et chérissons les compliments reçus (même si à cause de lui nous serions parfois prêts à remettre en cause l’essence même de notre personne et à s’offrir en pâture sur la place publique lorsque nous recevons des critiques négatives)(c’est entièrement de ma faute, je suis nulle, pourquoi je n’ai pas été capable de penser à faire cela …)(oui, il nous faut un peu plus de temps que les autres avant d’en tirer quelque chose de constructif). Pour finir sur une note plus positive, le temps, l’expérience et surtout la bienveillance sont nos alliés pour apprendre à dompter l’usurpation, vers la conquête de l’acceptation de soi.

    Répondre
  31. Le manque de confiance a toujours été un problème et un frein chez moi. Parfois je me demande même si je ne bosse pas en freelance juste pour aller à l’encontre de ça, pour me prouver des choses, me dépasser. Bosser comme salarié serait tellement plus paisible et en même temps frustrant. J’aurais l’impression de ne pas parvenir à me réaliser et à trouver qui je suis. Je serais une usurpatrice pas tant envers les autres mais envers moi-même…
    Le chemin est encore long pour ma part mais je me dis que nous sommes sur la bonne voie ;)

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  32. Quand on commence, je crois que l’on a tous cette sensation d’être un usurpateur, surtout quand on se met la barre très haut ! Et c’est important, parfois, que la vie nous envoie un petit signe nous montrant qu’on a grandi, que l’on mérite certaines attentions. Je te félicite en tout cas pour le travail accompli et continue de rêver, c’est la meilleure façon d’avoir envie d’oser !

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  33. Je rattrape mon retard de lecture chez toi. Et j’aimerai te dire, un peu comme tout le monde, je pense, même si je n’ai pas lu les commentaires pour le vérifier, que ce que tu fais est superbe et tout en douceur et que tu es réellement à ta place, je te le jure.
    Merci d’illuminer nos journées avec tes belles créations et tes jolis mots.
    A bientôt May, j’espère qu’on se croisera pour boire un petit verre sur une terrasse parisienne <3

    Répondre
  34. Magnifique billet. Tu as trouvé les mots justes pour un ressenti très féminin je pense, et non tu n’es pas la seule. Je crois que dans la vie on expérimente parfois des choses, mais, on ne sait pas vraiment à quel moment on peut se dire enfin, qu’on est ce en quoi on aspire. D’autant plus quand on est ultra perfectionniste. Merci pour ce joli partage d’expérience et je te rassure, tu es tout à fait légitime, ton univers est sympathique et rafraichissant et ton travail au top.

    Répondre
    • Merci beaucoup pour ton mot, qui me rassure et me fait du bien. C’est toujours rassurant de se dire que c’est normal. Cela permet, je crois, d’avancer un petit peu plus sereine et d’accepter que ce temps-là est nécessaire pour grandir et prendre ses marques.

      Merci pour tout et à tout tout bientôt,

      Répondre
  35. Je ne suis encore moins reactive que toi, je trouve ton post un an apres mais avant tout autant de plaisir à le lire que je l’aurais fait en temps et en heure, merci pour ce joli post et merci pour tous les autres !

    Répondre
  36. Bonjour! quel bel article et quels sentiments partagés! (en effet je crois que cela est très féminin)
    Je traîne un manque de confiance en moi depuis mon plus jeune âge que j’essaie de masquer par un apprentissage perpétuel !! Je ne suis pas une professionnelle du milieu j’avance à l’instinct (pas assez à mon goût) et à ce qui me plaît. Je créée des bijoux et accessoires en perles et cuir. Je n’ai pas fait d’études spécifiques aux beaux-arts, ou dans le design ou le dessin. Je suis banquière!!!!! ah ah ah rien à voir!!!
    Alors tant pis, l’être humain que je suis possède plusieurs facettes/palettes et c’est tant mieux après tout!! ;-)

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