Vie de Miettes

Un heureux événement de Rémi Bezançon 7 octobre 2011


Un heureux événement

J’avais lu le livre d’Eliette Abécassis, il y a quelques années. Il m’avait particulièrement touchée, sûrement à cause de nos études de Philosophie communes à l’époque. J’ai souvent ressenti ce fossé immense en moi entre les belles théories apprises, et la vie. Parce que, oui, lorsqu’on commence des études de Philosophie, c’est aussi souvent pour trouver une forme de vie heureuse, pour prendre du recul, pour s’apprendre en quelques sorte. Pourtant et malgré une philosophie dite pratique, on s’éloigne souvent de la réalité et de ses gouffres. On se love dans un cocon douillet de concepts.

Au delà de la Philosophie, comme beaucoup de filles, je me pose des questions sur la grossesse et sur ce désir d’enfant que l’on devrait avoir obligatoirement au creux du ventre dès un certain âge. Le livre avait mis des mots sur mes doutes et angoisses. J’avais trouvé le livre juste et tout en finesse. J’avais apprécié que l’auteur louvoie parfaitement entre les clichés. Eliette Abécassis parvient à ne pas faire de la grossesse un instant de grâce. Pour autant, elle ne transforme pas cet événement en cauchemar. L’auteur décrit très finement la transformation lente que provoque une grossesse. Elle évoque aussi l’instinct maternel, sans jamais tomber dans l’écueil de donner une leçon de morale.

Ce livre m’avait bouleversée. J’en avais d’ailleurs longuement parlé à Anthony (essayant en vain) de lui donner envie de le lire. Du coup, lorsque j’ai vu que le livre allait être adapté au cinéma par Rémi Bezançon – le réalisateur du Premier jour du reste de ta vie -, j’ai tout de suite eu envie de le voir et avec lui si possible. Je l’ai vu mercredi soir avec Anthony (youpi !). J’avais envie qu’il voit la grossesse avec un autre regard, qu’il partage peut-être aussi grâce à cette histoire mieux mes craintes si on décide de mettre un jour au monde un enfant ensemble.

J’ai toujours un peu peur lorsque je vais voir un film adapté d’un livre. Finalement, j’ai vraiment adoré. Je crois que c’est la première fois que j’ai aimé tout autant le film que le livre. Le film est poétique, touchant et juste. Alors, bien sûr et vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller d’aller le voir, et/ou de lire le roman d’Eliette Abécassis.

  »Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ? »


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5 livres pour découvrir Paris ! 13 septembre 2011

 
 
 

 
 
 

Lorsque je m’apprête à poser mes bagages dans une nouvelle ville, j’ai pour habitude d’acheter quelques livres. Cela peut aussi bien être des romans, que des guides plus ou moins touristiques, que des livres de cuisine. Lorsque j’ai su que je passerai un peu plus de cinq mois à Paris grâce à mon stage, cela n’a pas échappé ! Et ce, même si je connaissais déjà Paris.

Je voulais que mon séjour soit le plus agréable possible et rempli de découvertes. Il n’était pas question de passer un été grisâtre : dévorer des livres débordant de bonnes adresses me semblait alors une bonne solution pour ne pas passer à coté d’un chouette lieu. Alors pendant quelques mois et dès que je me rendais dans une librairie, je fouillais et dénichais un, ou plusieurs, livres sur Paris.

J’évite toujours soigneusement d’acheter les guides touristiques qui donnent une image un peu trop préformatée de la ville. J’ai envie de voir la ville comme pourrait la voir ses habitants. J’aime imaginer leur façon de vivre, de travailler, de sortir. Je préfère largement visiter un lieu vivant et imparfait qu’un lieu plus joli mais sonnant faux. S’il y a bien une chose que je déteste, c’est me retrouver dans un restaurant dans une ville étrangère avec uniquement des touristes venus goûter un plat soi-disant typique dans un lieu tout aussi soi-disant typique. Alors bien sûr, je ne dis jamais non pour visiter les lieux « à voir »  lors d’un voyage, mais ma découverte de la ville ne doit pas s’arrêter à ces endroits-là. C’est pourquoi j’évite d’acheter des livres réservés aux touristes, et préfère de loin les livres s’adressant aux autochtones.

J’ai sélectionné cinq petits livres, qui m’ont permis d’appréhender Paris, le beau Paris.
 
 
 

1) My little Paris, le Paris secret des parisiennes

Si comme moi, vous êtes amoureux du site MylittleParis, le livre ne peut que vous plaire. Vous y glanerez des adresses chouettes, futiles et drôles ! Le livre est une version imprimée du site. Du coup, si vous connaissez déjà sur le bout des doigts leur joli site, vous n’y ferez pas de grandes découvertes – il y a tout de même quelques lieux en exclu sur le livre ! -. Quoi qu’il en soit, le livre est vraiment sublime, léger et agréable à feuilleter, notamment grâce aux illustrations de la talentueuse Kanako. Puis, c’est toujours pratique d’avoir un petit livre que l’on peut enfouir dans son sac et sortir à tout moment.

Pour ceux et celles qui n’auraient jamais entendu parler de MylittleParis, MylittleParis est donc un site qui a pour vocation de faire découvrir des lieux secrets et insolites des Parisiennes. J’apprécie l’écriture juste, le ton employé et les lieux toujours bien choisis. Une fois par semaine, le site met la lumière sur une jolie découverte. Le lieu, accompagné d’une photographie, y est décrit en quelques lignes. Vous trouverez aussi toutes les informations pratiques afin de ne pas être surpris par les horaires ou les tarifs.

Que vous désiriez transformer votre appartement en beau livre, assister à un procès fou , être l’invitée d’un dîner clandestin ou chasser le blues du dimanche soir, ce livre est fait pour vous !
 
 
 

2) La parisienne d’Ines de la Fressange

Un deuxième livre qui nous fait découvrir un Paris chic, délicat et agréable. Là aussi, vous y glanerez des adresses précieuses au fil des pages. Le livre est joliment mis en page avec des illustrations toujours choisies avec soin.  Il est élégant et chic à l’image d’Ines de la Fressange. La Parisienne fourmille de conseils, d’anecdotes et d’adresses typiquement parisiennes. Le livre se divise en deux parties : la première rappelle le bon goût à la française et la seconde est un guide de bonnes adresses.

Une chose m’a un peu gênée si je veux être totalement objective : il n’y a nulle part les tarifs approximatifs. Que cela soit chez un coiffeur, dans un restaurant ou un salon de thé, je préfère savoir à l’avance quels sont les tarifs afin de ne pas avoir de mauvaises surprises.
 
 
 

3) Dessine-moi un parisien d’Olivier Magny

Dessine-moi un parisien est d’un autre style, plus corrosif, drôle et aussi moins féminin que les deux livres précédents. Ce livre est rempli d’autodérision envers les parisiens. Olivier Magny, qui est lui-même parisien, s’applique à décrire les travers des habitants de la capitale au fil de scénettes quotidiennes. Que vous aimiez ou détestiez Paris et ses habitants, ce livre ne peut que vous faire rire. Dessine-moi un Parisien est simple, bien écrit et sonne juste. Il met le sourire aux lèvres dès les premières lignes. Bon, et si vous n’êtes pas de Paris, vous vous y retrouverez aussi. Olivier Magny brosse avant tout le portrait d’une génération avec tous ses paradoxes, ses contradictions.

Si vous voulez avoir un aperçu, vous pouvez vous rendre sur le site/blog – en anglais – d’Olivier Magny qui se trouve ici : http://www.o-chateau.com/! D’ailleurs, le livre a été publié suite au succès de son blog. 
 
 

4 et 5 ) La déco des parisiennes et L’art de vivre des parisiennes

On poursuit notre visite de la capitale par de la décoration avec La déco des parisiennes et l’art de vivre des parisiennes. Ces deux livres sont surtout des beaux livres. Les photographies sont très belles et bien choisies. Ce sont des livres qui se regardent plus qu’ils ne se lisent. J’ai d’ailleurs été un peu déçue par le contenu. J’ai trouvé beaucoup de répétitions et de nombreux paragraphes (trop) creux et superficiels. J’ai comme l’impression que les réponses aux questionnaires sonnent faux. Quoi qu’il en soit, la mise en page et les images sont jolies et fourmillent d’idées.  On sent que c’est sur ce point-là que les auteurs ont particulièrement travaillé. Le second point un peu fâcheux est que tous ses appartements sont trop grands et trop parfaits pour être à des jeunes parisiennes  quand on connait le prix des appartements à Paris intra-muros. Du coup, on a un peu de mal à s’identifier et à penser que ce sont des « univers qui [nous] ressemble » comme l’indique la 4ème de couverture. En somme, c’est un livre à regarder, qui inspire, qui fait rêver mais dans lequel on a tout de même un peu de mal à s’identifier !

A la fin de ces livres, on trouve un répertoire pratique des bonnes adresses déco des parisiennes.
 
 
 

  Et d’autres petites merveilles !

Si ces cinq livres ne vous suffisent pas, je ne peux que vous encourager à voir ou revoir Minuit à Paris de Woody Allen ou encore le joli fim Paris, je t’aime.

Dans les œuvres plus classiques, j’ai trois livres que j’ai apprécié relire avant de me plonger dans l’aventure parisiennes : Une page d’amour de Zola, Ferragus de Balzac, Les tableaux Parisiens de Baudelaire.

 
 
 

  Vous avez des livres chouchou sur Paris ?

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Medianeras de Gustavo Taretto 3 août 2011

« Un homme est à l’image d’une ville et la ville à l’image de ses habitants. »*

 
 
J’ai découvert Medianeras - Murs mitoyens – de Gustavo Taretto par hasard alors que  je flânais samedi dans le Marais. Je me suis arrêtée devant le Nouveau Latina lire la programmation. Lorsque je passe devant un cinéma, j’ai cette manie de m’arrêter lire les synopsis des films alors à l’affiche. Et ce, même si je n’ai aucune intention d’aller au cinéma à l’instant même.

Medianeras et sa description m’ont tout de suite enchanté. Tout d’abord, l’affiche était travaillée et agréable. Le synopsis dévoilait un conte urbain. La culture hispanique, l’architecture, la poésie, la solitude propre aux métropoles, le web(design) qui se mélaient. Des sujets qui me parlent. Medianeras brosse aussi en filigrane une histoire d’amour entre deux solitudes à Buenos Aires. Dès l’affiche, la grande question du film semble lancée: « Où trouver l’amour quand on ne sait où chercher ? ». Et puis les histoires d’amour, c’est toujours beau.

Le lendemain, j’allais le voir. Je me suis rendue dans un petit cinéma-théatre vers chez moi, le Brady. Le Brady fait partie de ces rares cinémas où il émane encore un sentiment artistique dès que l’on pousse la porte. Les salles sont minuscules, les fauteuils rouge et en velours.  Les vieilles affiches de cinéma sur les murs soulignent l’histoire du lieu. Au Brady, les films ne sont pas projetés en numérique et les petits grésillements des vieilles bobines de film rappellent un temps désuet.

 

 

Revenons à Medianeras.

Ce film argentin est le premier long-métrage de Gustavo Taretto. L’auteur a travaillé dans la publicité et cela se voit. Medianeras est parsemé de symbole et d’images fortes qui restent en mémoire. Le film révèle un Buenos Aires sous un angle novateur. Ce conte, à la fois urbain et philosophique, nous amène rapidement à réfléchir sur la relation paradoxale entre les grandes villes surpeuplées et le sentiment de solitude omniprésent de ses habitants : comment et pourquoi la ville engendre-t-elle des individus solitaires et névrosés ? Ou bien et à l’opposé, cette ville monstrueuse ne serait-elle pas plutôt le simple reflet des individus qui l’habite ?  C’est à cette problématique que va tenter de répondre Gustavo Taretto tout au long de son joli film.

Medianeras ne cesse de souligner l’ennui et l’indifférence dont sont épris les citadins aussi bien au milieu de la foule que chez eux, entourés de dizaine de « cajas de zapatos » (cage à poules) où vivent des individus comme eux. Les individus se heurtent, se touchent, se côtoient et demeurent pourtant si éloignés.Dans cette ville tentaculaire, l’autre devient à la fois sujet de fascination et d’angoisse. Les personnages développent un certain malaise face à la ville. Celle-ci devient la source de tous les fantasmes. Elle est à la fois effrayante et envoûtante.

Pour palier leur isolation, les individus tentent de communiquer toujours plus par le biais des nouvelles technologies : SMS, tchat en ligne, jeux vidéos, etc. Tout y passe – tant que l’individu reste physiquement seul avec ce sentiment de « protection »-. Aucun de ces moyens ne semblent fonctionner et les personnages demeurent dans leur isolement. Gustavo Taretto met au coeur de Medianeras cette ambivalence propre aux nouvelles technologies qui ne cessent, d’un coté de pousser des individus à communiquer entre eux, et de l’autre, de les enfermer pernicieusement. Je dois dire que cela est un sujet qui m’intéresse particulièrement et me fascine. J’ai trouvé que le film était une belle allégorie de cette société de (sur)communication – et je n’ai (presque) plus touché à mon iPhone de la journée -.

 

 

Pour finir sur une note plus légère, j’ai aimé enfin l’optimisme du film. Medianeras se conclut avec une jolie fin où les personnages parviennent à ne plus se laisser sombrer et à reprendre leur destin à main. Ils sortent, s’inscrivent à la piscine, et finissent enfin par arrêter de se croiser pour se rencontrer. L’errance et la rêverie laissent place au réel et la vie réelle. Je n’en écrirais pas plus afin de ne pas tout dévoiler. Je vous conseille d’aller le voir si vous avez l’occasion. Et j’espère que, comme moi, vous en en sortirez avec un sourire aux lèvres.

 

Des avis ? Vous l’avez vu ?

 


* Martin-Santos

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Minuit à Paris, Woody Allen 5 juin 2011

Paris est une fête

Woody Allen et moi, c’est un peu une histoire d’amour. J’aime ses scénarios, la façon poétique dont il filme et parvient à sublimer n’importe quelle ville – bon, il ne les choisit pas totalement au hasard non plus -. Cette manière particulière qu’il a de peindre le quotidien, la jeunesse, les artistes ; cette façon même qu’il a de nous injecter des paillettes dans les yeux et qui nous fait alors croire que tout est possible. J’aime ses thèmes récurrents, les BO choisies et ses personnages décalés. J’ai toujours une sensation de légèreté et de petits bonheurs à la sortie de ses films.

Puis ici, il s’agit de Paris, la ville où je suis actuellement en stage et où je compte (très) certainement m’installer dès la fin de mes études. Cette capitale que j’apprends à aimer et découvre depuis quelques mois. Celle qui me donne l’impression de bouillir de l’intérieur, de vivre pleinement. Les plans de Paris dans le film sont juste parfaits. Woody Allen parvient dès le début à filmer un Paris de carte postale, un Paris pour les amoureux, les écrivains et les artistes. A ce propos, l’office du tourisme de Paris a mis en place un plan retraçant l’itinéraire du film pour tous ceux qui voudraient refaire le parcours de celui-ci. Vous pouvez le télécharger en cliquant ici.

Alors, j’ai aimé Minuit à Paris, cette déclaration d’amour ouverte à Paris, cette histoire hors du temps et cette douceur de vivre qui s’en dégage. Un film rempli de magie, de douceur et de mélancolie. Avec Minuit à Paris, je me suis laissée emporter dans les tourbillons des nuits parisiennes. Ses années 20 et ses artistes. Fitzgerald, Hemingway, Adrian, Luis Buñuel. Gertrude Stein, Dali, Man Ray, Picasso, Lautrec, Gauguin et Degas. Ses verres qui trinquent et cette culture qui se dessine en filigrane. Les personnages sont attachants et drôlement bien joués. L’humour y est toujours subtil. C’est léger, frais, beau et optimiste. Paris est une fête.

J’ai envie de voir à nouveau tous les films de Woody Allen en commençant par Vicky Cristina Barcelona que j’ai déjà vu plusieurs fois et dont je ne me lasse ni du film ni de sa BO. Peut-être découvrir ses livres aussi. J’attends déjà avec impatience son prochain film qui se passerait cette fois à Rome. Et puis, parce qu’on évoque Paris, regardez donc cette petite vidéo que je trouve réussie et qui met aussi en avant la beauté de Paris.

Vous aimez Woody Allen ?

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