Vie de Miettes

Une certaine fragilité, 16 avril 2012


 On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

 

Du bout des doigts, je compte les jours qui me séparent avant de grandir, encore. Prendre un an en un jour, c’est symbolique. Oui, mais. J’ai cette impression que chaque année m’éloigne un peu plus de cet idéal, de cette sensation de liberté. On a beau dire, beau faire, on devient chaque année un peu moins fou, un peu moins insouciant, un peu moins.

Les possibilités s’effondrent. Il faut assumer les directions choisies et, si possible, avec le sourire. Devenir responsable. On s’éloigne de l’âge où les crises identitaires sont permises, et où la fragilité semble inhérente à l’âge. Presque belle.

On a beau faire semblant, on sait bien que cela n’est plus pareil. Ce goût de première fois devient peu à peu plus rare. L’intensité dans le regard et la folie qui nous poussait dans nos retranchements s’effacent. A 17 ans, il n’y a pas de limites. On se joue. On se risque. On s’écorche. On se sent incroyablement vivant et fragile à la fois.

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. J’ai tant aimé répéter cette phrase qu’elle a fini par s’imprégner en moi comme une vérité. Dans le creux des os. Je ne sais pas si on apprend un jour à la faire le deuil de ses 17 ans. Je ne sais pas non plus si on apprend un jour à grandir. Cela serait quand même bien plus simple de tirer les rideaux. La pièce est finie. Voilà. On applaudit. Maintenant, on en démarre une autre. Maintenant, on est des adultes responsables.

Demain soir, je vais voir Cali. Cela me rappellera mes dix-septs ans. Et ça, c’est parfait. Tellement. C’est fou comme c’est douillet et confortable la nostalgie.

 


 

Mise-à-jour : ce texte s’est publié un peu trop vite alors qu’il n’était encore qu’un brouillon – le vilain !. Il y aurait eu sûrement plus de mots en demi-teinte, plus d’arrondis si je n’avais pas cliqué sur « publier » un brin trop vite. Un paragraphe supplémentaire afin de boucler la boucle.

Parce que, oui, bien sûr, c’est aussi merveilleux de grandir, d’acquérir une nouvelle forme de liberté. Une liberté plus harmonieuse et réfléchie. C’est toujours fabuleux de voir le fruit de nos choix et de nos efforts se concrétiser, et devenir bien réel. C’est douillet de pouvoir vivre la vie que l’on a choisi, fabriqué, désiré. Devenir grand, c’est un doux voyage – même si, il y a des soirs comme ça où on remonterait bien un peu l’histoire.

 


 

« Est-ce que tu vois, toi aussi, quand tu fermes les yeux, quand tu serres le poing,
Haut vers le ciel, est-ce que tu sens l’odeur délicieuse de la liberté ? »
Cali, 1000 coeurs debout

 

Chargement vote Hellocoton

Et si on se fêtait le printemps ? 26 mars 2012


On se souhaite un joyeux Printemps ?

Mercredi dernier, j’ai commencé à rédiger un article avec cette idée en tête de fêter le printemps. Il est resté entre parenthèses et sans fin. En ce moment, je suis à côté. Il y a le soleil qui n’arrête pas de toquer à la porte et les devoirs qui voudraient plutôt que je reste sagement assise derrière l’ordinateur (et si possible nuit et jour). Alors, je sautille. Je lève les yeux au ciel et je joue à l’absente.

J’aime le printemps, à mes yeux c’est une sorte de renaissance. Le Printemps signe l’arrivée des beaux jours, des couleurs qui pétillent, des soirées qui sentent la bonne humeur. Et, des journées qui s’allongent comme une dernière danse. C’est à ce moment que je respire enfin. A nouveau. Je reprends mon souffle. Peu à peu, je retire les couches en trop. J’oublie de fermer les fenêtres. Il n’y a pas, je crois, de sensation plus agréable que de boire un verre en terrasse après un hiver glacial et les épaules au vent.

Depuis que je suis à la fac, l’arrivée du Printemps dessine aussi la fin de l’année universitaire. C’est à ce moment-là où les projets se finalisent. C’est la dernière respiration, la dernière course avant de présenter des projets d’une année au jury. Alors, on se force un peu. On se presse. D’ailleurs, demain, je présenterai enfin le Panier de Gérard. J’en ai déjà des petits oiseaux dans le creux du ventre (autrement dit, c’est la dernière fois que je vous embête avec ce projet-là, quoi qu’il y aura le mémoire comme sujet de prédilection ensuite).

Vous pouvez télécharger la petite carte du printemps qui déborde de soleil si le coeur vous en dit.

Ah oui, je m’envole pour Rome après-demain. Je l’ai déjà écrit-crié-raconté un peu partout, mais si vous avez des trucs chouettement-chouette à voir-savourer-boire, je suis (toujours) preneuse !


Chargement vote Hellocoton

Et ce ciel bleu, immense. 20 février 2012

Le temps est fascinant. Plus je grandis et plus j’apprécie l’observer. Au fil de mes déménagements, j’ai été frappée par l’importance du climat. Je trouve toujours ça un peu fou comme le ciel peut jouer sur mon moral et sur le ressenti des journées.

Dimanche, au réveil, le ciel était bleu, d’un bleu-printemps, d’un bleu-fleur. Je crois que c’est le meilleur. Le premier ciel bleu de l’année lorsque le gris s’estompe enfin. La lumière éclabousse la pièce. Il fait blanc. C’est un ciel de fin de film heureux.

Ce ciel-là, à lui seul, il promet une belle journée. Je suis restée fascinée quelques secondes devant cette luminosité. C’est toujours comme ça, les premières journées de soleil me donnent une énergie incroyable. Tout d’un coup, j’avais envie de prendre la poudre d’escampette et d’aller voir la mer. Pour une journée, quelques heures ou même une poignée de minutes. Peu importe tant que mon regard croise cette ligne infinie et si précieuse entre le ciel et la mer. Cette ligne de fuite qui emplit les poumons et donnerait du courage aux moins audacieux.  J’avais tout d’un coup  envie d’un pique-nique, d’un livre au soleil, et d’épaules dénudées. A la fin de l’hiver, les épaules dénudées deviennent la liberté absolue.

J’avais envie de tout ça et tout en même temps si possible. La mer, un livre, une robe légère,un pique-nique, des amis. L’instantané parfait.

Ce ciel-là, et malgré sa couleur parfaite, est encore glacial. Il aime se faire désirer. Pourtant, à cet instant précis, ce ressenti-là est déjà si précieux qu’on l’oublierait presque.


Chargement vote Hellocoton

La neige, cette beauté glaciale 10 février 2012

Et cette neige qui m’enveloppe

C’est doux, c’est moelleux. Un petit cocon. Chaque année, j’attends la neige. J’ai trois ans et les yeux qui brillent. J’aime sa blancheur, son coté ouaté. Je peux passer des heures derrière la fenêtre. Le soleil glacial qui l’éclabousse. A chaque fois, c’est même ritournelle. J’ouvre grands les yeux. Je regarde, j’admire. On dirait du velours. Et, si une personne est à ma coté, je ne peux m’empêcher le sourire au bout des lèvres de lui conseiller de regarder, de s’arrêter un peu. Les yeux écarquillées, j’aimerais pouvoir saisir chaque flocon. Une parenthèse délicieuse.

La neige est une pause. Un souffle. On oublie les journées sombres, brouillons, glaciales. La neige transforme ces journées-là. Elle les rend lumineuses, précieuses presque. Et ces petits flocons, qui font une derrière danse avant de se poser en douceur. On voudrait les attraper. Qu’ils s’éternisent entre nos doigts.

C’est beau, ces ailes d’ange tombées. Un joli symbole, un murmure, le printemps n’est plus très loin. La neige donne des ailes, métamorphe l’hiver. On se sent plus léger. Le froid sur les joues réveille. Les premiers pas sur la neige encore repassée sont une merveille. Par contraste, l’intérieur devient plus douillet, plus clair. On savoure un chocolat chaud. On partage une fondue. On respire, l’apnée hivernal cesse.

Ce sont des petits riens, des pas grands choses qui font que l’on se sent vivants. Certains diront que je suis niaise, je dirais juste que je suis vivante.

« Et tel flocon s’attarde, on le suit des yeux,
On aimerait le regarder toujours
Tel autre s’est posé sur la main offerte. »
Les flambeaux, Yves Bonnefoy

Chargement vote Hellocoton

Sauf mention contraire, l'ensemble des textes et visuels présents sur ce site sont la propriété exclusive de leur auteur. Merci de ne pas les copier, reproduire ou redistribuer sous quelque forme que ce soit, sans une autorisation écrite de l'auteur.