Note du mardi matin,

Mardi,

Aujourd’hui, il ne faut mieux pas sortir le bout de son nez de peur de le retrouver en glaçon. Ceci n’est qu’un simple conseil et n’a rien de prescriptif.
Il fait froid.

Souvent les matins d’hiver, j’ai l’impression que mes pensées sont un peu plus lumineuses, un peu plus brillantes. J’ai l’impression de sortir de ma torpeur et de comprendre, de comprendre enfin. D »allumer la lumière sur mon intérieur et d’en éclairer le monde entier. Comme si un morceau de lucidité se détacher du ciel pour entourer mon esprit, une sorte de crépuscule des pensées. Un petit nuage de raison, une vapeur de pensées qui flotte dans l’air.
Ce matin, j’ai réalisé que je faisais la plupart du temps des cadeaux inutiles et qui ne plaisaient à personne d’autre qu’à moi même. L’exemple pourrait tenir du comique. Je vous assure pourtant de sa réalité, triste réalité. J’ai compris que je n’aurais surement ce à quoi j’aspire pour la simple raison que je n’en ai pas les qualités requises. Qu’il y les rêveurs, et les autres. Et si tu fais parti du premier groupe, soit t’en crèves, soit tu plies pour rejoindre, tenter de rejoindre le second. Plutôt crever le coeur en rêve.
Le matin est café brulant, réalité et bilan.

La trêve ne dure pas et ce n’est pas plus mal.
Et c’est au milieu du café au lait, que je m’aperçois à nouveau des nœuds de mes pensées et de mes confusions. Tout devient à nouveau flou et la perspicacité s’en va vite, mais sur la pointe des pieds afin de ne réveiller personne.
Ni vu, ni connu, je m’embrouille.

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Les larmes se dessinent quand les promesses s’éteignent.
J’éclate et me brise.
Espoir s’en est allé avec Rêve.
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Lundi,

J’ai les yeux au bord du rêve, au bord de la nuit trop courte.
La nuit, s’endormir est devenu un combat contre les secondes, contre mes pensées. Des heures se passent sans que je ne parvienne à attraper le moindre grain de sable du sommeil. Et lorsque, par chance, j’y parviens enfin, ce petit grain est souvent hanté de cauchemars et de monstres horribles.
La nuit, ma chambre se métamorphose en conte d’horreur, en conte pour adultes. J’ai alors peur de bouger, de respirer presque. Seule au milieu de la nuit obscure, je n’ose ni ouvrir, ni fermer les yeux. Les démons me hantent et me disloquent.

Au petit matin, c’est avec les yeux fatigués que je retrouve mon sourire.
Je le pose sur mes lèvres.

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