Note du mercredi matin,

Entre un film et des révisions, je m’assoupis. J’aime le bruit du stabilo heurtant la feuille et du crayon a papier sur le carnet. Face à mes cours, je me surprends à réver de demain, en tremblant pour les secondes à venir. C’est le paradoxe du réveur. Je remplis mon agenda de rendez-vous manqués, et de rêves à dormir debout. Je voudrais pouvoir tout faire. Quand je relis mes cours c’est avec cette crainte et pourtant que je ne parviens pas à m’empêcher d’y croire, je ne parviens pas à retomber sur terre. Ma vie sera grande, ou ne sera pas. Et même si, ce n’est pas très raisonnable, moi j’y crois comme au jour qui se lève face à moi.

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Note du mardi,

Les jolies choses ne s’oublient jamais.
Les instants de bonheur non plus.

Alors tout ça, cette semaine en Espagne, ce sourire magique, cette douceur et ce parfum infini. Ce regard et ces paillettes jusqu’au fond des yeux. Cette ambiance et cette intensité lumineuse, tout ça, tout ça, je ne l’oublierai jamais.
En les regardant, ces instants-là, je me construis, je deviens un peu plus dure, un peu plus forte. Plus harmonieuse et moins brouillonne. C’est une étreinte de vie, une palpitation de joie qui vous rend solide, qui vous permet de gravir des montagnes et d’y croire.
C’est l’étincelle de la vie-même.

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En tête à tête avec sa connerie.
La vie, c’est beau, c’est beau.

Quand j’ouvre les yeux, c’est comme si j’avais des aiguilles à l’intérieur. Je suis comme aveuglée par la vie. Une journée où il va falloir se battre, s’éveiller, essayer de – à défaut de comprendre – comprendre, interpréter la logique interne des autres, du monde entier. Une journée de plus où il faudra sourire et attendre que le temps s’écoule un peu plus rapidement.
Je crois, oui je crois, que tout cela est très dur, très.

Le rendez-vous était fixé à aujourd’hui.
A partir de midi, j’ai conté les minutes.
A midi trente, j’attendais au bureau indiqué.
A treize heures, j’étais toujours là, seule.
A treize heures trente, une dame pas contente est arrivée.
Je lui ai fait mon plus beau plus grand sourire
pour essayer de l’aider à retrouver le sien.
Peine perdue, cela ne marchait pas.
Et, je voyais bien que je l’importunais.
Mon sourire en était défait.
J’ai posé tout ce que j’avais à dire sur son bureau.
En attendant la réponse, mon coeur faisait boum très fort.
Je comptais à nouveau les secondes.
A la première, elle faisait une grimace.
A la seconde, elle se transfigurait.
A la troisième, j’avais peur.
Ses paroles s’enfonçaient dans mon coeur.
Mon silence faisait écran.
A la dixième, j’étais dehors, avec
mon sourire défait.

Une bonne semaine.

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