A nos étoiles et nos rêves


 

Il est un peu plus de minuit ici et j’ai les yeux fatigués des belles journées.

On a passé des heures à marcher au milieu des dunes. On a croisé des chèvres qui descendaient de la montagne, et puis un peu plus tard dans la matinée, d’autres qui s’abreuvaient au puits Allibert. Vers midi, on a posé nos affaires et nos tentes au milieu du désert. C’était notre maison pour la nuit. On a préparé le déjeuner et profité de l’après-midi pour dormir-rêver-lire-flâner. Il faisait un soleil d’été et les dunes semblaient nous observer.

Je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, j’avais des couleurs et des idées plein la tête. J’ai pensé que ce logo, ce logo sur lequel je travaillais depuis quelques jours, serait né au milieu du désert, et que, c’était quand même une jolie histoire. Il aurait pris forme, une après-midi de printemps, dans le sud du Maroc. Il sentirait bon le soleil, le voyage et la fleur d’oranger.

J’ai serré cette chance-là. De pouvoir, au quotidien, voyager, imaginer, créer. J’ai compris aussi que ces deux besoins – envies – sont intrinsèquement liés. Voyager et créer sont les deux choses qui me rendent les plus heureuses au monde – et faire des câlins à Holly. Mon imagination n’est jamais autant en éveil que lorsque je voyage. Je m’étonne, j’observe, j’ouvre les yeux. J’aime imaginer qu’il y a un peu de Singapour, du Mexique ou de la Thaïlande dans chacune de mes créations. De chaque voyage, je rapporte des rencontres et des souvenirs. Je grandis avec eux, à travers eux. Je les transforme en création

 


 

Un peu plus tard, on a quitté le camp et on s’est dirigés vers les dunes. On a grimpé, marché, observé. On a pris des photographies. Il faisait beau, il faisait silence. Vers dix-huit heures, on s’est assis face aux dunes. En attendant que le soleil s’endorme, on a refait le monde et beaucoup ri. On semblait seuls au monde, et avoir la beauté de ce monde-là juste, justement, pour nous. Le ciel est devenu bleu rouge jaune orange. Il faisait bonheur, il faisait nuit.

On a couru dans les dunes pour rejoindre le chemin. On est tombés. On a ri, encore. On avait cinq ans, peut-être huit. Après le diner, on a observé les étoiles. Avec Mohamed, j’ai appris les étoiles. Je fais partie de ces personnes qui ne connaissent du ciel que son élégance et sa profondeur.

J’ai appris la grande Ourse et les autres constellations. J’ai écouté des histoires et des légendes d’un autre temps. J’ai vu, tout doucement, des formes se dessiner dans le ciel. J’avais l’impression d’avoir en face de moi un alphabet que je parvenais, après des années d’incompréhension, enfin à déchiffrer. J’avais ce sourire des premières fois. Je me suis promis, en rentrant, de regarder ce tableau dans la salle à manger et d’apprendre le ciel.

 


Vers vingt-deux heures, j’ai essayé d’apprivoiser les étoiles sous le regard, cette fois, de mon appareil photo. J’ai passé la soirée à tâtonner et à essayer de me rappeler comment fonctionne le trépied et le reflex à la nuit tombée.

Forcement, j’avais oublié de mettre des piles dans la télécommande pour ne pas avoir à déclencher et bousculer mon appareil photo lors de la prise de vue. Forcement, j’avais oublié de lire des tutoriels pour photographier le ciel. Forcement, j’avais oublié l’emplacement des boutons. J’ai joué avec les ISO et le temps d’expositions. Alors, et tout doucement, j’ai essayé.

J’ai tâtonné en me disant que le résultat n’était pas si important, et en me rappelant comme j’aimais avant tout prendre des photographies, que le souvenir était aussi important que l’image capturée.

Je suis restée une heure, peut-être deux à observer le ciel, et son reflet dans mon appareil photo. Je viens de me glisser sous la tente et j’ai des étoiles plein les yeux.

 
 

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Je viens de me faufiler sous la petite tente installée pour la nuit et d’ouvrir le moleskine. On est au milieu du désert et j’ai un énorme sourire à l’écrire.

Je ne sais pas vraiment pourquoi le désert me bouscule toujours autant. La première fois où je suis allée dans le désert, c’était en Jordanie. C’était il y a un peu plus de quatre ans. Je conserve un souvenir particulier de cette soirée passée à la belle étoile. Je me souviens de l’odeur du narguilé et des notes de musique jouées par un touareg. Quelques mois plus tard, il y a eu le désert du Maroc, puis un peu plus tard encore celui d’Abu Dhabi.

A chaque fois, j’en suis ressortie bouleversée et apaisée. A chaque fois, il y a eu cette connexion à la nature qui m’a saisie et émerveillée. Je suis une enfant de la ville. Je suis née au  milieu d’immeubles. Je suis hyper-connectée. Je cours, j’ai un iPhone greffé à la main et toujours trop de mails en attente. J’aime aller au musée, découvrir une nouvelle pièce de théatre et me glisser dans un fauteuil de cinéma. J’aime travailler dans un café l’après-midi et partager quelques tapas au milieu d’une place animée à la nuit tombée. J’aime la ville pour son histoire, son architecture et son bouillonnement.

 

 


Et si je ne quitterai le centre-ville pour rien au monde, je ressens, souvent, au quotidien le besoin de ralentir et de me recentrer. A lire vos mots sur mon article Sur le nécessité des creux et du vide, je crois que je ne suis pas la seule à ressentir ce besoin-là.

A Toulouse, j’ai toujours autant de mal à me déconnecter plus de quelques heures. Cela sonne et se bouscule dans ma petite tête. Parfois, et sans m’en apercevoir, cela me compresse doucement et bloque mon imagination et ma créativité. Je suis dans la course, le contrôle et l’action, et, cela déborde.

Alors, avec le temps, j’ai appris à un peu mieux me connaitre, me protéger et m’écouter. Dès les beaux jours, on profite des parcs toulousains avec Hollynette. Je laisse mon ordinateur et mon téléphone à l’appartement. Je regarde moins mes mails et je prends le temps pour y répondre. Je ne me force pas. J’ai troqué mon iPhone contre un livre avant de m’endormir. J’essaie d’être moins connectée, mais mieux. J’essaie aussi d’avoir un rôle actif et conscient lorsque je me connecte, et de me détacher de ce sentiment de vide quand je n’ai pas mon iPhone-doudou près de moi.

Et puis, aussi, depuis quelques mois, j’essaie de prévoir des escapades, d’une journée ou un peu plus longues, où je m’éloigne de ce bouillonnement-là. Où je retrouve la nature et où mes sens sont en éveil. Je sais que je n’ai pas besoin ni de partir au bout du monde ni durant des semaines, et que, souvent, les plus belles surprises sont proches de nous : ce trek dans le désert en est définitivement une.

D’ici, tout semble se faire naturellement. Il y a ce silence réconfortant des grandes étendues et la chaleur du soleil qui berce dès le levé du soleil. Il y a les longues journées à observer les couleurs du ciel et l’horizon. La connexion oubliée au porte du désert et la force et la simplicité de la nature retrouvée.

Il y a un peu tout ça qui fait sens, qui se mélange, et qui rappelle aussi en filigrane la beauté, et la simplicité, de la vie.

 


Merci, merci encore Allibert Trekking pour cette belle, et vivifiante, parenthèse au cœur du désert marocain.

 

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Les montagnes marocaines


 

De Ouarzazate, je suis partie avec des couleurs, des mots et des reliefs plein la tête.

J’ai laissé infuser les images, les confidences et les émotions. J’ai gardé pour moi, précieusement et durant quelques jours, la beauté du désert. A l’entrée du Maroc, j’ai déposé mon téléphone et mon ordinateur au fond de mon sac. J’ai respiré. J’ai pris quelques photographies. J’ai souri, beaucoup souri. J’ai marché, je me suis exclamée. Je me suis glissée dans un short et j’ai laissé le soleil se dessiner sur ma peau. J’ai écrit sur un carnet pour me souvenir, pour le partager, avec vous, un peu plus tard. J’ai pris le temps.

Ce matin, il fait un soleil immense à Toulouse et je vous écris, enfin, la beauté de ces paysages-là. C’était hier, c’était lundi, c’était la semaine dernière. Qu’importe, j’ai encore quelques marques du soleil marocain sur les épaules et l’enthousiasme des beaux voyages.

 

 


 

De l’hôtel, on est partis un peu après le lever de soleil en 4×4 pour rejoindre le désert d’El Keelat.

A mesure que l’on s’éloignait de la ville, les couleurs changeait à vue d’œil. On a traversé les villages anciens et les plaines. On a vu défiler les paysages. C’était vert rouge rose jaune doré. C’était beau. Le visage collé à la fenêtre, mes mots semblaient avoir pris la poudre d’escampette.

Vers dix heures, peut-être onze, on s’est arrêtés à l’entrée d’un village au nom inconnu. A l’intérieur de la médina, la ville semblait dormir encore. Alors, on a ouvert grand les yeux et on a profité du silence. Sur le chemin, on a croisé quelques enfants qui jouaient. Le soleil se levait et annonçait une belle journée.

 


 

Un peu plus tard, on a repris la route et on s’est dirigés vers la vallée des roses. Je me souviens, avant de partir et en lisant le programme, avoir souri à sa lecture et de m’être dit que c’était un joli nom. La vallée des roses.

De loin, on a observé les femmes qui travaillaient dans les champs. On s’est approchés, doucement. On a échangé quelques mots et sourires. Je me suis promis de revenir un mois de mai pour voir, si mignonnes, les roses seraient écloses.

Timidement, j’ai sorti mon appareil et j’ai pris quelques photographies. Des ânes, d’abord, puis des femmes qui travaillaient la terre. C’est toujours un peu compliqué en voyage. J’ai souvent envie de photographier des visages et des expressions. J’aime les gens. Leur façon d’être au monde, d’échanger, de marcher, de sourire. J’aime raconter l’histoire d’un pays ou d’une ville à travers les personnes qui la composent.

 

 

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J’ai souvent aussi peur de déranger ou d’être maladroite. Je sais que le rapport à la photographie et à son image est à la fois complexe et culturel. Alors, voilà, tout doucement, j’essaie d’oser. Puis, toujours, de montrer, d’échanger et de partager ensuite. J’essaie, à travers les images, de créer un certain lien. C’est aussi une façon d’aller au delà de ma timidité, de ma peur et d’oser aller vers l’inconnu. La photographie, le portrait, permet de rentrer d’une certaine façon dans l’intime. De partager mon regard et ma sensibilité. Et pour toutes ces raisons-là, je me dis qu’un appareil photo est quand même un outil drôlement magique.

Alors, j’ai repris ma respiration et j’ai pris cette vie-là en photographie.

 

 


 

Plus tard, on a traversé les montagnes. On a vu les paysages se transformer. Les bâtiments semblaient se fondre dans les terres. On s’est arrêtés vers treize heures pour pique-niquer. De là-haut, on semblait seuls au monde. On a coupé quelques légumes et partagé quelques dattes à l’ombre d’un olivier.

Le soleil se dessinait sur nos joues. On aurait dit l’été, c’était le Sud. Les piques-niques de bout du monde sont toujours les meilleurs. On revient à l’essentiel. Les tomates, les concombres et les olives prennent, tout à coup, une autre saveur. Ils semblent respirer le soleil.


 

Quand on a repris le route, je me souviens avoir pensé, à plusieurs reprises, que cela devait ressembler à un paysage lunaire sans vraiment savoir à quoi ressemblait, en réalité, un paysage lunaire. Dans le 4×4, avec Florian, Christophe et Arthur, on a ri, beaucoup. On s’est confiés, on a parlé de voyages et de cette nécessité commune à découvrir et partager la beauté du monde. Dans la voiture, il y avait cette étincelle des belles rencontres qui rendent le voyage un peu magique, un peu hors du temps. On a mis de la musique, on a ouvert les fenêtres, on a observé les paysages.

Je crois que les voyages, autant que de lieux, sont faits de rencontres.

 

 


 

A mesure que l’on s’approchait du col, la route devenait de plus en plus tortueuse et étroite. A l’intérieur, cela secouait. Alors, on a fini la route à pied jusqu’au coucher de soleil. La montagne était noire, les fleurs jaune-bonheur. A mesure que l’on avançait, on s’étonnait de la richesse et des contrastes. On avait cinq ans et on semblait découvrir le monde. On a respiré le sommet, la nature et ses couleurs. On a dit, répété, c’est beau. On s’est exclamés. On s’est arrêtés manger quelques olives avant de reprendre la route. Sur le chemin, on a croisé quelques motos et habitations. Alors, j’ai pensé qu’à revenir un mois de mai, voir la vallée des roses en fleurs, il faudrait y aller en moto. J’ai pensé au vent sur la peau et à cette sensation de liberté, et, j’avais un sourire immense sur les lèvres.

Quand on est arrivés au camp berbère, il faisait déjà nuit. En dévorant une tajine, on a imaginé le désert qui dormait. On s’est promis de mettre le réveil un peu tôt pour observer le soleil se levait sur les dunes. Avant de rejoindre les tentes, on a observé les étoiles sans trop savoir les nommer. Alors, on les a montrées du doigt.

A nouveau, on a murmuré, dit, répété, c’est beau, regarde comme c’est beau.

 

 

  

 

Merci, merci Allibert Trekking pour les étoiles dans les yeux et les paysages à couper le souffle. Merci à l’Office de Tourisme du Maroc, merci, merci, merci. Merci pour cette jolie aventure, pour le désert, pour les belles rencontres. Merci Nicolas pour la confiance et d’avoir pensé à moi pour cette escapade dans le désert. Merci Julie, Olivier, Florian, Christophe, Arthur, d’avoir rendu cette escapade encore un peu plus incroyable. Vous êtes incroyables, incroyablement touchants, drôles et talentueux.

 

 

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