Les montagnes marocaines


 

De Ouarzazate, je suis partie avec des couleurs, des mots et des reliefs plein la tête.

J’ai laissé infuser les images, les confidences et les émotions. J’ai gardé pour moi, précieusement et durant quelques jours, la beauté du désert. A l’entrée du Maroc, j’ai déposé mon téléphone et mon ordinateur au fond de mon sac. J’ai respiré. J’ai pris quelques photographies. J’ai souri, beaucoup souri. J’ai marché, je me suis exclamée. Je me suis glissée dans un short et j’ai laissé le soleil se dessiner sur ma peau. J’ai écrit sur un carnet pour me souvenir, pour le partager, avec vous, un peu plus tard. J’ai pris le temps.

Ce matin, il fait un soleil immense à Toulouse et je vous écris, enfin, la beauté de ces paysages-là. C’était hier, c’était lundi, c’était la semaine dernière. Qu’importe, j’ai encore quelques marques du soleil marocain sur les épaules et l’enthousiasme des beaux voyages.

 

 


 

De l’hôtel, on est partis un peu après le lever de soleil en 4×4 pour rejoindre le désert d’El Keelat.

A mesure que l’on s’éloignait de la ville, les couleurs changeait à vue d’œil. On a traversé les villages anciens et les plaines. On a vu défiler les paysages. C’était vert rouge rose jaune doré. C’était beau. Le visage collé à la fenêtre, mes mots semblaient avoir pris la poudre d’escampette.

Vers dix heures, peut-être onze, on s’est arrêtés à l’entrée d’un village au nom inconnu. A l’intérieur de la médina, la ville semblait dormir encore. Alors, on a ouvert grand les yeux et on a profité du silence. Sur le chemin, on a croisé quelques enfants qui jouaient. Le soleil se levait et annonçait une belle journée.

 


 

Un peu plus tard, on a repris la route et on s’est dirigés vers la vallée des roses. Je me souviens, avant de partir et en lisant le programme, avoir souri à sa lecture et de m’être dit que c’était un joli nom. La vallée des roses.

De loin, on a observé les femmes qui travaillaient dans les champs. On s’est approchés, doucement. On a échangé quelques mots et sourires. Je me suis promis de revenir un mois de mai pour voir, si mignonnes, les roses seraient écloses.

Timidement, j’ai sorti mon appareil et j’ai pris quelques photographies. Des ânes, d’abord, puis des femmes qui travaillaient la terre. C’est toujours un peu compliqué en voyage. J’ai souvent envie de photographier des visages et des expressions. J’aime les gens. Leur façon d’être au monde, d’échanger, de marcher, de sourire. J’aime raconter l’histoire d’un pays ou d’une ville à travers les personnes qui la composent.

 

 

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J’ai souvent aussi peur de déranger ou d’être maladroite. Je sais que le rapport à la photographie et à son image est à la fois complexe et culturel. Alors, voilà, tout doucement, j’essaie d’oser. Puis, toujours, de montrer, d’échanger et de partager ensuite. J’essaie, à travers les images, de créer un certain lien. C’est aussi une façon d’aller au delà de ma timidité, de ma peur et d’oser aller vers l’inconnu. La photographie, le portrait, permet de rentrer d’une certaine façon dans l’intime. De partager mon regard et ma sensibilité. Et pour toutes ces raisons-là, je me dis qu’un appareil photo est quand même un outil drôlement magique.

Alors, j’ai repris ma respiration et j’ai pris cette vie-là en photographie.

 

 


 

Plus tard, on a traversé les montagnes. On a vu les paysages se transformer. Les bâtiments semblaient se fondre dans les terres. On s’est arrêtés vers treize heures pour pique-niquer. De là-haut, on semblait seuls au monde. On a coupé quelques légumes et partagé quelques dattes à l’ombre d’un olivier.

Le soleil se dessinait sur nos joues. On aurait dit l’été, c’était le Sud. Les piques-niques de bout du monde sont toujours les meilleurs. On revient à l’essentiel. Les tomates, les concombres et les olives prennent, tout à coup, une autre saveur. Ils semblent respirer le soleil.


 

Quand on a repris le route, je me souviens avoir pensé, à plusieurs reprises, que cela devait ressembler à un paysage lunaire sans vraiment savoir à quoi ressemblait, en réalité, un paysage lunaire. Dans le 4×4, avec Florian, Christophe et Arthur, on a ri, beaucoup. On s’est confiés, on a parlé de voyages et de cette nécessité commune à découvrir et partager la beauté du monde. Dans la voiture, il y avait cette étincelle des belles rencontres qui rendent le voyage un peu magique, un peu hors du temps. On a mis de la musique, on a ouvert les fenêtres, on a observé les paysages.

Je crois que les voyages, autant que de lieux, sont faits de rencontres.

 

 


 

A mesure que l’on s’approchait du col, la route devenait de plus en plus tortueuse et étroite. A l’intérieur, cela secouait. Alors, on a fini la route à pied jusqu’au coucher de soleil. La montagne était noire, les fleurs jaune-bonheur. A mesure que l’on avançait, on s’étonnait de la richesse et des contrastes. On avait cinq ans et on semblait découvrir le monde. On a respiré le sommet, la nature et ses couleurs. On a dit, répété, c’est beau. On s’est exclamés. On s’est arrêtés manger quelques olives avant de reprendre la route. Sur le chemin, on a croisé quelques motos et habitations. Alors, j’ai pensé qu’à revenir un mois de mai, voir la vallée des roses en fleurs, il faudrait y aller en moto. J’ai pensé au vent sur la peau et à cette sensation de liberté, et, j’avais un sourire immense sur les lèvres.

Quand on est arrivés au camp berbère, il faisait déjà nuit. En dévorant une tajine, on a imaginé le désert qui dormait. On s’est promis de mettre le réveil un peu tôt pour observer le soleil se levait sur les dunes. Avant de rejoindre les tentes, on a observé les étoiles sans trop savoir les nommer. Alors, on les a montrées du doigt.

A nouveau, on a murmuré, dit, répété, c’est beau, regarde comme c’est beau.

 

 

  

 

Merci, merci Allibert Trekking pour les étoiles dans les yeux et les paysages à couper le souffle. Merci à l’Office de Tourisme du Maroc, merci, merci, merci. Merci pour cette jolie aventure, pour le désert, pour les belles rencontres. Merci Nicolas pour la confiance et d’avoir pensé à moi pour cette escapade dans le désert. Merci Julie, Olivier, Florian, Christophe, Arthur, d’avoir rendu cette escapade encore un peu plus incroyable. Vous êtes incroyables, incroyablement touchants, drôles et talentueux.

 

 

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C'est promis

Vos commentaires
sont des petites douceurs
Mille mercis à vous

  1. Mathiilde

    Tes photos sont magnifiques, j’aime le rendus des couleurs ! Et ton texte va parfaitement bien avec comme d’habitude :)

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  2. Ah là là j’ai passé des vacances extraordinaires là bas, Ouarzazate, le Désert, la Vallée des roses, précisément Boulmane du Dadès, des péripéties avec notre guide, un petit trek, et surtout l’auberge du Soleil Bleu où nous avions l’impression d’être en famille et nous avions presque les larmes aux yeux le jour du départ. Quand je suis rentrée en France, il me manquait cette lumière et cette simplicité incroyables que j’avais ressentie là bas. Et puis les plats ont un goût unique, comme tu dis même les légumes sont gorgés de soleil !!!
    Bises

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  3. merci pour ces jolis souvenirs, ces paysages que j’ai dans le coeur depuis plusieurs années, j’ai fait aussi un magnifique voyage au Maroc qui m’a beaucoup touché.
    Quoi qu’il en soit, tes photos sont toujours superbes !

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  4. Comme c’est beau, comme ça fait rêver, comme ça donne envie de courir s’y ressourcer… Un bel article et des photos magnifiques !

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  5. De belles rencontres dans de si beaux paysages, c’est pour cela qu’on voyage, non? Merci pour le partage.

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  6. marie kléber

    “comme c’est beau”, tes mots me rappellent mon voyage au Maroc en 2008. A court de mots avec une amie, nous répétions cette phrase à l’infini comme un mantra. Oui c’est beau, magnifique May!

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  7. Tes photos sont vraiment très belles. Quelle belle aventure ! Je ne suis jamais allée au Maroc mais j’aimerai bien un jour :) Bel article !

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  8. Manaelle

    Tes textes sont toujours une bouffée d’oxygène, une parenthèse de bonheur qui donnent envie de s’élancer vers nos rêves ! Question moins poétique et plus pragmatique, quel appareil photo utilises-tu en voyage ? Surtout quand on marche, qu’on est chargé c’est compliqué d’avoir un gros reflex avec soi je trouve, pour autant il faut garder la qualité… Choix cornélien ! Si tu as des conseils là-dessus je suis preneuse :)

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  9. C’est magnifique. Je comprends ton petit conflit intérieur pour pour des visages, des instants, j’ai la même. Préférant parfois entrer en interaction et ayant peur que mon appareil ne créé une espèce de mur entre les échanges humains….

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et souriez, vous êtes fantastique

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