Bruges, Belgique


 

Il y a une semaine, je prenais un vol pour Bruxelles.

La veille, je m’étais couchée bien trop tard sans avoir eu ni le temps ni vraiment la force de préparer mon sac et de déposer Holly chez mes parents. J’avais passé la journée à courir. Pour des rendez-vous avec des clients, pour des petites choses à boucler, pour aussi une jolie séance photo avec Emilie et Bastien autour d’un chocolat chaud – oh, d’ailleurs, c’est en ligne sur Tapage par ici. Pour peut-être aussi éviter de trop y penser.

Alors, un peu après minuit et en rentrant chez moi, je m’étais glissée sous la couette et j’avais programmé mon réveil pour dans trois heures et onze minutes. Je m’en souviens parce qu’avec la fatigue et mes petits yeux qui s’endormaient déjà, je n’arrivais pas à mettre le réveil et j’avais mis le minuteur. Cela m’avait fait sourire : je m’offrais ni vu ni connu une poignée de minutes supplémentaire.

Un dernier dodo collé-serré contre Holly, trois heures et onze minutes, et bonjour Bruges, ses décorations de Noël et ses canaux illuminés. C’était un peu moins de neuf heures du matin quand j’atterrissais à Bruxelles.

Il faisait jour, il faisait Noël.

 

 


 

Cela faisait des mois que j’attendais ce week-end-là. Des mois que j’imaginais Bruges, son atmosphère romantique et son marché de Noël.

C’était la deuxième fois que j’allais à Bruges et j’en conservais un souvenir d’un dimanche de juillet pluvieux, d’un week-end avant un orage d’été qui nous avait alors beaucoup bousculé. Je croisais les doigts pour un ciel bleu et un soleil d’hiver. Je croisais les doigts pour que la féérie de Noël me glisse à nouveau des étoiles dans les yeux.

C’était, je crois, une façon peut-être maladroite de me réconcilier avec ces souvenirs-là. D’aller de l’avant, d’apprivoiser Bruges – et, plus largement, la Belgique – sans ces images qui me collent parfois encore au corps.

Je sais bien comme la découverte d’une ville – ou, plus largement, la rencontre avec une personne – est liée aux émotions qui nous animent ce jour-là. Comme le premier regard est essentiel et souvent difficile à dépasser.

Je voulais réussir ce deuxième rendez-vous avec Bruges. Je voulais continuer à me laisser surprendre. Je voulais grandir. Quand j’ai reçu le mail de Sophie début septembre pour me proposer de découvrir Bruges, j’ai répondu un immense oui. Et puis, je l’ai embêtée pour les dates. Je voulais attendre. Je voulais voir Bruges sous ses illuminations de Noël. Je voulais que Bruges m’illumine à sa façon.

Alors, on a programmé ce long week-end pour le premier de décembre. Et de douze septembre à ce premier décembre, j’ai compté les semaines.

 

 


 

De l’aéroport de Bruxelles, j’ai sauté dans le premier train pour Bruges. Pendant cinquante-cinq minutes, j’ai observé les paysages blancs défiler sous mes yeux. On aurait dit la Laponie, on aurait dit le Nord. C’était beau.

A mesure que l’on se rapprochait de Bruges, les paysages devenaient plus verts, plus lumineux. Je suis arrivée un peu avant midi. Le ciel était bleu. Il faisait beau et froid. J’ai marché, le nez en l’air, jusqu’à la maison d’hôtes. Lorsque j’ai poussé la porte et que j’ai vu la cheminée immense au milieu du salon, le parquet ancien, le sapin géant qui sentait Noël ; je savais déjà que cela ne pourrait être qu’un beau week-end.

Alors, et sous les précieux conseils d’Anke, je suis partie à la découverte de vieille ville et de ses canaux. J’ai ouvert les yeux. J’ai laissé la carte de la ville à l’hôtel. J’ai marché, beaucoup. J’ai pris des photographies. J’ai tremblé. J’ai senti mes joues rougir par le froid. J’ai adopté un bonnet tricoté avec un gros pompom qui le faisait sourire à chaque fois que je tournais la tête un peu trop vite. J’ai arrêté, doucement, de trembler. J’ai ralenti. Je me suis enthousiasmée de l’architecture de la ville et de sa conservation.

 

 


 

Sur les canaux, j’ai fait du bateau et j’ai montré du doigts les bâtiments anciens. J’ai observé les couleurs du ciel et les guirlandes qui s’illuminaient les unes après les autres. J’ai bu des chocolats chauds à l’intérieur de cafés bien trop douillets. Je suis allée au marché de Noël. J’ai observé la valse des patineurs sur la glace. C’était délicat et poétique.

Un soir, j’ai diné au coin de la cheminée et j’ai passé le repas à m’enthousiasmer de la beauté et de la force du feu. Le matin, j’ai pris le temps, un bain et de la douceur pour les jours à venir. J’ai déjeuné et j’ai lu dans le salon de la maison d’hôtes. Il y avait des chants de Noël en fond. J’avais le meilleur des chocolats chauds entre les mains et l’impression d’être dans un décor de film de Noël. A ce moment-là, j’aurais voulu pouvoir étirer le temps.

Plusieurs fois, j’ai répété que c’était beau, que c’était une ville pour les amoureux, que c’était une ville où on ne pouvait définitivement qu’aimer et être aimé. Que Bruges était une ville de conte de Noël, une ville qui déborde de féerie et qui fait, sans vraiment s’en rendre compte, grandir. Alors, j’ai oublié cette première rencontre ratée et j’ai rallumé les étoiles.

Lundi soir, je suis partie. J’ai marché vers la gare. J’ai raté mon train et j’ai conservé, malgré tout, un sourire apaisé-glacé-illuminé sur les lèvres. Je crois que je ne voulais pas vraiment partir et je voulais étirer encore un peu ces instants-là. Alors, j’ai murmuré, répété, que je voudrais bien y revenir au printemps quelques jours, ou pourquoi pas quelques semaines, que l’on se sentait bien ici, que c’était apaisant et que la beauté était partout. Qu’on ne pourrait qu’y être heureux.

Allez, on repart, dis ?

 


 

Petit guide pour un week-end à Bruges

Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé des jolies adresses et
quelques conseils pour passer un week-end à Bruges, les voici ! 

 

  • Oubliez la carte, et marchez, levez les yeux ! Il est aussi possible de louer des vélos. J’avais d’ailleurs prévu de louer un vélo en arrivant à Bruges. Et puis, en voyant les petites ruelles pavées, et avec le froid et mon appareil photo, je me suis dit que je serai plus à l’aise à pieds à la vue des distance. Dans tous les cas, Bruges est une petite ville où vous pourrez tout faire à pieds et/où à vélo sans vous perdre.
  • Pour dormir, je vous conseillerai (avec plein d’étoiles dans les yeux !) la jolie maison d’hôtes Filemon et Baucis où j’ai dormi. Anke est adorable et sa maison est son image : douce, bienveillante et chaleureuse. Et le petit-déjeuner est bien trop parfait !
  • Pour diner, j’ai adoré Komtuveu pour sa cheminée et la cuisine raffinée et originale. Tout est servi dans des bols. Je souris parce que je vous mets en ligne le site pour les images, je ne parle pas un mot de néerlandais, et donc, si vous êtes comme moi, il faudra juste regarder les images.
  • J’ai travaillé à deux reprises chez De Republiek. C’est grand, joli et agréable ! Quand je cherche un lieu pour sortir mon ordinateur et travailler, je cherche toujours un endroit assez grand où je n’aurais pas l’impression de déranger en sortant mon ordinateur et en prenant mon temps. De Republiek m’a semblé parfait ! On peut aussi y déjeuner et y diner.
  • J’ai déjeuné chez De Plaats qui propose une cuisine végétarienne et équilibrée. Je vous conseille aussi Blackbird que je n’ai pas pu testé – c’était fermé quand j’y suis allée et l’adresse m’a été conseillé par plusieurs personnes. Et la dernière adresse, Books and Brunch. Bon, d’accord, j’ai poussé la porte pour les livres avant de regarder la carte, mais promis, c’est bon !
  • Faire un tour dans un petit bateau touristique. Alors, oui, c’est touristique, oui, oui, oui, mais une fois que l’on est dans la bateau, c’est promis, c’est oublié et c’est beau !
  • Aller au lac d’amourMinnewater, avec son amoureux, se serrer très très fort dans les bras efaire, ensemble, un voeux. Il paraitrait que tous les amoureux qui font un voeux sur le pont du parc seront éternellement amoureux. Profitez-en pour visiter, main dans la main, les parcs de Bruges et observer les cygnes.
  • Gravir, si vous avez la force et s’il fait beau, les 366 marches du Beffroi et observer la vue sur la ville.
  • Boire un (des !) chocolat(s) chaud(s) dans un salon de thé en observant les illuminations de Noël.
  • Et si vous êtes pour les fêtes, bien sûr, bien sûr, flâner au marché de Noël de la ville avec un verre de vin chaud. Vous pouvez faire un tour de patinoire sur la grande place.

 



Merci mille fois à l’office du tourisme de Bruges, aux secrets de Bruges, et à Sophie et Loes.

Merci mille fois aussi à vous qui me lisez et, qui me glissez bien trop de sourires, à chaque fois que je lis vos retours, votre enthousiasme, vos conseils et vos réactions.

Cette phrase est sûrement la phrase que j’ai le plus écrite sur ce blog, et aussi celle que je pense le plus quand je pense à tout ça : je serre ma chance, bien fort.

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C'est promis

Vos commentaires
sont des petites douceurs
Mille mercis à vous

  1. Aurélie

    Merci de le donner l’envie d’y retourner mais cette fois à 3 ! Notre princesse découvrira un magnifique lieu.

    Bon retour à tolosa
    Aurélie

    Répondre
  2. J’aime beaucoup cette ville, elle est très jolie et encore plus à la période de Noël. Si le temps le permet je pense aller y faire un saut ce weekend ! :)

    Répondre
  3. Bruges c’est très charmant, mais hélas, je l’ai visité en pensant à autre chose. C’était déjà la fin d’une relation, et je ne m’en rendais même pas compte. Alors oui, il serait peut être bien de la revoir, autrement, avec d’autres yeux !
    Jolies photos, et joli texte :)
    Belle journée !

    Répondre
  4. sabine

    Bonsoir! J’ai eu grand plaisir à te lire, j’ai souri, je t’ai envié, des paillettes plein les yeux…Merci pour ce joli moment et ces magnifiques photos. Tu m’as donné envie d’aller à Bruges ;))

    Répondre
  5. Que de jolis mots par ici, beaucoup de douceur et de magie tout au long de cet article.
    C’est comme dans un doux rêve au milieu de la féerie de Noël.

    J’étais en Belgique en juillet dernier, instant bien trop court, tes photos me donne la folle envie d’y remettre les pieds.

    Répondre

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