A contretemps,

Depuis ce matin, 10 heures et quelques minutes, les larmes n’ont cessé de se dessiner sur mes joues. 10 heures, c’est l’heure à laquelle les espoirs et les rêves se sont modelés en larmes. C’est l’heure où il ne restait plus rien. J’étais face à ma perte, face à ce gros chagrin et à mes tords. C’est l’heure où la jolie berceuse s’est éteinte. Dans la rue, les larmes devenaient peu à peu de la glace. Je crois que j’aurais pu rester des journées entières sur ce trottoir à attendre que le vase à larmes s’assèche. J’étais seule. C’est cela alors la solitude, ce sentiment destructeur et si intense. Tout arrivait par vagues. La peine secouait mon petit corps. Cachée sous mon écharpe immense, on pouvait entrevoir des soubresauts. C’est la peine, la peine qui s’ évacue par tous les pores, qui s’enfuie par chaque parcelle de mon corps. De mes petites mains, j’avais déposé un bouquet d’espoir, d’espérance et d’illusion à cette date à cette heure précise au milieu de la route. Le froid ne m’atteignait pas. Je n’avais plus mal, je n’étais pas triste. Je subissais le poids entier de la défaite, de la destruction. La douleur se compressait sur mon coeur, elle n’habitait. En une fraction de secondes, elle s’était introduite sous ma peau.

Je tremblais, hoquetais, et des larmes continuaient à se dessiner sur mes joues. J’étais seule. La solitude me berçait à présent dans une douceur mortuaire. Arrivée à la maison , les larmes ne s’étaient pas amuïes durant le trajet, la valse des tristes. Comment faire pour arrêter la musique?

Accordez-moi une dernière danse, une dernière chance.

Vous aimerez aussi
C'est promis

Note du dimanche,

Parfois, il faut faire des choix qui font mal pour notre bien. Alors, c’est dur. On se tord dans tous les sens, on a si mal que la douleur en devient insupportable mais pourtant cela doit en être ainsi, on le sait. Vous savez, vous le sentez au plus profond de vous même. Cela raisonne comme une évidence, comme les touches noires d’un piano sur les blanches: à avoir trop pleurer, trop hurler, à s’être trop recousue pour ne pas avoir l’éparpillement du bonheur. Il ne reste plus rien. Ou si peu après tous les défis qu’on avait lancé au futur , après tous ces rêves d’immensité. On ne pourra plus faire demi tour au bout du chemin, c’est trop tard. Il n’y a que des petits morceaux de rien du tout, que des miettes d’espoir éparpillées à l’intérieur du cœur lacéré . La joie et l’espoir se sont métamorphosés en immondices.
Un jour, on ouvre enfin les yeux, et l’on se retrouve seule face au monde entier. Ce jour là est le pire de tous. Pire que le résultat d’un concours raté, pire que la descente d’une drogue dure, pire que le bruit des ongles sur un tableau. C’est le jour où l’on se confronte à nous même, où l”on se cogne à notre intérieur, où l’on s’effondre, s’écroule dans nos profondeurs obscures. C’est le jour où l’on comprend qu’il n’y a plus que de la peur en dessous de la peau, de la peur et de la solitude. “Je t’ai au plus profond de moi, sous ma peau, au coeur même de la vie”. Ces mots-là sont effacés. Il n’y a plus de post-its, plus de mots doux. Il faut effacer les mots, il faut effacer la vie-même. Oublier les rêves et les disputes, car il n’y a plus rien, juste le vide.
On se retrouve à pleurer, parce qu’on se rend enfin compte que tous les choix qu’on a fait depuis plus d’un an, étaient des choix de travers. Ma vie est de travers, voilà, “de travers”, c’est ce qui l’a résume si bien, si bien.
Assommez-moi.

Vous aimerez aussi
C'est promis

Vous aimerez aussi
C'est promis