Note du lundi nuit


Dimache,

la journée pourrait porter l’étiquette “entre présence et absence“, au seuil de mon intériorité. Je suis là et je tourne sur moi-même. Je frappe à ma porte et personne ouvre, ose ouvrir. Le vide éclate dans l’intimité du lieu confiné. Et quand on parvient à entrevoir dans le clair obscur cette intimité, c’est en tâtonnant qu’on y découvre des sentiments en miettes, parcellaires. Tout s’écroule et la chair étouffe, éclate, s’oppresse. Il fait si sombre, si noir.
Les sensations se dispersent à chaque fois qu’on tente de les réunir. Elles reviennent aussitôt. C’est une sorte de vertige fixé.

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Se battre contre l’absurdité du monde.

Samedi,

Ici, il fait froid et le café ne semble jamais assez chaud assez fort. Le quotidien prend une allure de révisions lorsque la rentrée approche. Il faut à nouveau ouvrir les classeurs, relire les fiches et en commencer des nouvelles. Annoter les préfaces, les livres aux programmes. Et quand je relis un poème de Verhaeren pour la énième fois, je me sens vide, vidée. Mes notes et mes connaissances me semblent si fragiles, en équilibre. J’ouvre mes cours de première et de deuxième années avec toujours cette même sensation de vacuité intellectuelle. Je ne sais rien, ou pas assez. Jamais assez. L’emploi du temps sur le bureau n’est toujours pas fait, tout ne peut rentrer. Je dois supprimer, jeter, jouer à saute mouton avec les cours. L’organisation de l’université me donne un goût d’inachevé, un goût amer. Il faut se battre afin de pouvoir suivre des cours, se battre pour faire une validation d’acquis. Cette administration aurait pu être une merveilleux thème kakfaien.

Je tremble devant tout ce capharnaüm.

Se battre, oui, mais pour vaincre quoi? qui?

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