Le désert d’Atacama, Chili


 

Je me souviens être arrivée à San Pedro de Atacama un vendredi soir. J’avais réservé la veille un billet d’avion pour Calama et un hôtel dans le centre de San Pedro. J’avais programmé, en quelques minutes, un long week-end dans le désert et l’idée me faisait sourire. Du Chili, tout me semblait simple.

Comme le trajet serait un peu long, je devais finir de répondre à quelques mails et avancer sur certains projets avant de prendre l’avion. Alors, je n’ai rien essayé de programmer ou de prévoir ce soir-là. J’ai fermé la page Atacama pour quelques heures. J’ai décidé de me faire confiance et que tout irait bien. Tout est bien allé.

Le matin, je suis partie tôt de Valparaiso pour rejoindre l’aéroport de Santiago sans trop savoir comment m’y rendre. Avant de partir, le serveur m’a apporté un morceau de tarte de chocolat pour me donner des forces pour le départ. Parce que oui, quitter Valparaiso, se fait toujours avec un pincement au cœur.

Alors, forcement, encore, j’ai souri.

 

 


 

Du désert d’Atacama, je connaissais ces paysages lunaires, ces horizons incroyables et ses grandes étendues. Quand j’ai atterri, le soleil se couchait et je crois que c’est cette première image-là que je conserverai avant tout d’Atacama : la route pour rejoindre San Pedro et les couleurs du ciel en écho.

Une poignée de kilomètres plus tard, j’arrivais à San Pedro. Il faisait nuit et j’avais l’impression d’être dans un film américain. San Pedro est une ville dans le désert à l’extrême nord du Chili. On y trouve des voyageurs du monde entier venus découvrir les paysages arides et lunaires du pays. J’avais la fatigue qui me collait à la peau et un sourire d’enfant.

En marchant, j’entendais le son des guitares et un mélange d’anglais-italien-espagnol. J’observais les feus de bois dans les cours partagées. Les portes étaient, pour la plupart, entrouvertes, cela sentait bon le partage et les belles rencontres. C’est la première fois que je ressentais cette atmosphère-là et j’avais des papillons dans le ventre.

Alors, et malgré la fatigue, j’ai posé mon sac à l’hôtel avant de retourner marcher dans San Pedro de Atacama. Il faisait doux et j’ai laissé cette ambiance-là doucement infusée en moi.

 



 

Au réveil, j’avais ce maux de tête et ces nausées données par l’altitude. Je m’en suis voulue de ne pas avoir été un peu plus prévoyante et organisée. Alors, j’ai pris le temps. J’ai marché, à nouveau, dans le centre de San Pedro. Cette fois, il faisait jour. J’ai bu beaucoup d’eau et j’ai évité de trop manger. J’ai attendu la fin de journée pour m’éloigner du centre et découvrir les paysages d’Atacama.

Vers seize heures, je suis partie vers la vallée de la lune et doucement, mon mal de tête, semblait s’endormir.  De cette fin de journée-là, j’ai pris des dizaines des photographies. J’ai marché, beaucoup. J’ai oublié d’avoir peur du vide et j’ai été, un peu fière, de moi en haut de la vallée Mayor. J’ai regardé en bas. J’ai respiré. J’ai observé. J’ai marché sur des roches rouges. J’ai pris des photographies, encore.

J’ai changé mon objectif en oubliant le sable et le vent. Je me suis mordillée de ma maladresse. Alors, j’ai glissé l’appareil photo au fond de mon sac et j’ai attendu que le soleil se couche. C’était beau.

 


Et puis, les jours suivants, c’est flou, c’est beau, c’est Atacama.

Il y a eu la plaine salée d’Atacama, la réserve nationale des flamencos et le village de Socaire. Les étoiles et la voie lactée à la nuit tombée. Il y a eu les dunes et les volcans, les lagunes et les salares. Il y a eu les échanges avec les autres voyageurs qui vous donnent cette envie folle de tout plaquer et de faire le tour du monde vous aussi. La bienveillance et la gentillesse des habitants. Et, cette question qui revenait à chaque conservation, depuis que je suis arrivée au Chili, pour me demander où j’ai appris à parler espagnol, et mon sourire, à chaque fois, à me dire que j’apprivoise cette langue – et ma confiance en moi – tout doucement .

Il y a eu mes yeux grands ouverts et ce désir de ne rien oublier, de tout conserver, de tout noter. De me souvenir de chaque image, de chaque parole, de chaque sensation. Ce repas partagé un soir à six mains avec des hôtes argentins et cette simplicité de créer des liens quand on est loin de ses repères. D’en créer des nouveaux.

Je sais comme la fin d’un voyage est essentielle à mes yeux. Comme ce sont les derniers, et les premiers, paysages qui marquent, et je crois que je n’aurais pas pu mieux choisir, pour cette première découverte du Chili, que ce vol imprévu pour le désert d’Atacama.

Mardi, je rentrais à Santiago. Tout me semblait un peu plus doux et léger, et j’avais déjà en tête de revenir au Chili. Un peu plus longtemps, un peu plus au sud cette fois aussi.

 

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C'est promis

Vos commentaires
sont des petites douceurs
Mille mercis à vous

  1. Je t’admire de partir seule, loin. Même si j’adore voyager, j’ai de plus en plus de mal à partir seule :) C’est très beau en tout cas. Cela me donne envie d’aller voir par là. Il parait que les glaciers bleus en Patagonie sont à couper le souffle aussi.

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    • J’aime partir seule (comme aller au cinéma ou boire un verre seule !). Je sais que cela me fait grandir. Cela m’aide aussi beaucoup à prendre confiance en moi (et à me rendre compte que je suis plus forte que je ne le pense !). C’est aussi un cadeau que je m’offre. Longtemps, c’était inconcevable que je fasse quelque chose pour moi, juste pour moi. Je me sentais égoïste (et comme je ne m’aimais pas beaucoup, je n’avais pas envie de passer du temps en tête à tête avec moi-même non plus et cela me faisait même peur…). En apprenant à m’aimer, j’ai appris à m’offrir ces instants-là et j’essaie depuis, chaque semaine, de m’offrir un peu de temps juste pour moi.
      Bon, après, il y a toujours certains moments où je me dis que j’aimerais bien le partager avec mon amoureux ou un ami. C’est un équilibre à trouver et chacun a son propre rythme et sa manière de fonctionner.

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  2. Claire

    Tu me transporte dans chacun de tes articles, douce May.
    Rêveuse, Voyageuse, Poète…
    Que n’es-tu pas ?
    Tout en toi est douceur, générosité et réflexion.
    Tu es mon modèle et la vagabondeuse que j’aimerais devenir !
    Affectueusement,
    Claire

    Répondre
  3. Bonjour :)
    Je viens de découvrir ton blog et avec un grand plaisir. Tes photos sont magiques et cela donne envie de découvrir les endroits où tu t’es rendu !
    A bientôt,
    Marine.

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